Monday, March 27, 2023

Euro 1984 France Portugal


Demie Finale
26 juin 1984
 Velodrome Marseille

 FR
Euro.1984.France.Portugal.FR.twb22.blogspot.mp4
3.15 GB https://1fichier.com/?0w97popgcu3o72kc6wmc

Repost d'un lien mort. Fichiers retrouvés (des centaines de gigas de matchs originaires d'ici reuploadés et renommés sans mon tag sur deux autres sites Francais sans qu'on m'en ait parlé)

Les Tricolores de Michel Hidalgo, pour la deuxième fois de leur existence et pour la troisième fois dans l’histoire de l’équipe de France, vont jouer une demi-finale d’un grand tournoi européen ou mondial : Goeteborg 1958, Séville 1982, Marseille 1984. Leur optimisme est raisonnable et mesuré, moins ronflant en tous cas que celui d’une nation revancharde et pressée, trop pressée. « Il ne faut pas croire, dit Bossis, que ce match va ressembler à celui de Guimaraes. » (où la France, en février 1983, avait gagné 3-0). « L’important, ajoute Tigana, sera surtout de ne pas les laisser jouer. »  Michel Hidalgo attend jusqu’au dernier moment pour former son équipe. Il attend en fait de savoir si le genou d’Yvon Le Roux est de nouveau apte à porter son propriétaire dans un match de compétition. La réponse étant oui, il titularise Bats - Battiston, Le Roux, Bossis, Domergue - Fernandez, Tigana, Giresse, Platini - Lacombe, Six.


 
Les Portugais, eux, ont récupéré Chalana, après des soins intensifs, et aussi Jaime Pacheco, ce qui leur rend leur milieu de terrain originel. Ils ne font aucun complexe, n’ayant rien à perdre, et ils disent : « Il n’est pas interdit de rêver. »  C’est au milieu de terrain, comme prévu, que les Portugais attendent les Français, avec cinq pions sur l’échiquier, cinq pions motorisés, acrobates, accrocheurs, qui bloquent net leur pressing sur la ligne médiane et ne vont pas chercher une seule fois l’adversaire dans son jardin. Dès qu’un Bleu a la balle et ose s’avancer, deux ou trois Portugais sautent dans son atmosphère pour l’accompagner, dans un savant dosage de zone et d’individuelle.  Gênés aux entournures par une équipe qui joue leur jeu, un jeu en triangle à passes courtes précédant une transversale ou une action en profondeur, les Tricolores ont la chance de bénéficier, à la 25e minute, d’un coup franc à vingt mètres pour une faute vacharde sur Platini. On attend le maître et l’on voit le pied gauche de Domergue expédier un ballon-catapulte que Bento salue d’un cillement, à cause du vent.  Les experts annoncent la reconquête portugaise du jeu, la sortie du bois des cinq pions motorisés. Mais les marins du Tage laissent les voiles roulées, comme s’ils avaient un but d’avance. Curieux spéculateurs, se dit-on, si peu portés sur la bagatelle offensive que leur fondé de pouvoir, Jordao, n’en a vraiment aucun. 


En début de deuxième mi-temps, Gomes remplace Diamantino et Néné ne va pas tarder à prendre la place de Souza. Deux attaquants supplémentaires signifient forcément une poli¬ tique d’ouverture, une politique favorable à la France qui se trouve en posture de mener 2-0, 3-0 si le cœur lui en dit. C’est d’abord Fernandez, lancé par Platini, qui voit son tir contré par Bento et sa reprise instantanée du pied gauche friser un poteau (46e). C’est ensuite un tir violent de Giresse, de vingt mètres, que Bento détourne en corner (48e). C’est enfin, sur un long centre de Six, une reprise de volée fulgurante de Giresse qui sort de peu à gauche (55e).  La mainmise de l’équipe de France sur le jeu est alors totale mais plus pour longtemps. Car le Portugal, porté franchement à l’attaque, a intégré ses nouveaux arrivants et ajusté ses distances. Chalana, la moustache frétillante et un œil sur Annabella, sa douce, sa tendre installée dans la tribune, multiplie les initiatives, les dribbles de dégagement et les ouvertures, les feintes et les centres brossés. Chalana est un poison dont l’équipe de France risque de mourir. Elle meurt d’ailleurs lentement, l’équipe de France, sur un premier but d’égalisation de Jordao, annoncé de loin et tout autant conçu par Chalana que par la défense tricolore étrangement absente sur ce coup-là (74e, 1-1). On la croit morte quand, dans la première partie de l’inévitable prolongation, Chalana crochète Domergue et centre pour Jordao dont la reprise de volée rebondit devant Bats pour atterrir dans la cage (98e, 2-1). 

 
Le stade- Vélodrome de Marseille, si tricolore, si chaleureux, les Bleus eux-mêmes et surtout, sont accablés. Le rêve s’envole à tire d’aile. Même Platini baisse la tête, dégoûté par le sort contraire. Les minutes passent et on arrive ainsi à la 105e pour voir Chalana expédier encore un centre vicieux que Néné s’apprête, c’est comme si c’était fait, à transformer en troisième but portugais. Mais un chat a bondi dans les pieds de Néné, bloqué la balle, lancé la boule. Bats ne veut pas mourir, Fernandez et Tigana non plus dont la colère, l’indigna¬ tion, la révolte entraînent les Bleus dans une sarabande du diable. Le Stade- Vélodrome trépigne, hurle son soutien et son espérance. L’équipe de France coince le Portugal dans les cordes, sur sa cage, et cogne avec la férocité d’un désespéré. 1 16e minute : Giresse, Battiston en retrait, Domergue sur la gauche. Le Toulousain, anîmé lui aussi d’une grande flamme, d’un énorme culot, sollicite le une-deux avec Le Roux lequel se retourne pour placer un coup d’arquebuse. Le ballon cahote, aussitôt récupéré par Platini qui trébuche sur un mulot. Domergue se retrouve avec l’ustensile dans les pieds, un défenseur dans son dos et Bento qui crache comme un matou furieux : 2-2, monsieur et quatre minutes à courir avant la séance de penalties.  Jean Tigana qu’un journaliste italien a surnommé « le dribbleur exotique », n’a jamais gagné un match aux penalties, ni en minîmes, ni en cadets. Jamais ! Il reste 45 secondes à la pendule quand une secousse le prend, côté droit. Il s’avance, accélère, entre dans la surface, épuise un Portugais dans son sillage et, arrivé sur le bord du quai, adresse à revers un amour de ballon libéré, un bijou or et diamants qu’un certain numéro 10 attend le pied tendu. Quatre Portugais dont Bento, sont dans les transes. Platini contrôle - une éternité - le stade retient son souffle et d’un seul coup, les filets tremblent. Captif le ballon et qualifiée la France !  « Ils l’ont fait, ils ont dit non au destin... Le refus de l’impossible... La fureur de vaincre... » Toute l’émotion passe à travers ces titres tandis que Jean-François Domergue, auteur de deux  buts en demi-finale du championnat d’ Europe le jour de ses vingt-sept ans, avoue vivre un « véritable conte de fées. » Michel Platini a marqué son huitième but, « plus héros, plus thaumaturge, plus Messie, plus homme du destin que jamais », écrit le Guérin Sportivo. Le thaumaturge se détend, ébloui, rassuré. Et il a ces mots de psychanalyste pour expliquer l’inexplicable : « C’est parce qu’elle avait été battue à Séville que l’équipe de France n’a pas perdu à Marseille. » 
 
 






5 comments:

  1. Nice one...one of the greatest games ever! The sound in the Velodrome is incredible...almost as good as the 1978 World Cup Final. Nice to have the French perspective on this one. Can't still find the full BBC one with John Motson's iconic commentary for Platini's winner. I have the game with the RTE (Irish) version and I think an ITV version with John Helm (i think!). Would still love to find that BBC one...don't think it was shown live at the time...just highlights.

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  2. Replies
    1. The above game with BBC coverage would be a great find if you ever come across it. Nice to have this one too...very good quality!

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  3. I don't remember having that file

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  4. Bonjour,
    J'ai découvert votre magnifique site très tardivement c'est vrai, et j'ai téléchargé un ou 2 fichiers sans vous remercier, c'est vrai. J'en profite pour m'en excuser et pour vous remercier infiniment d'avoir ré-uploadé ces matches historiques. J'espère que vous en remettrez d'autres et que cet immense patrimoine (et pour certains matches patrimoine unique) ne sera pas perdu définitivement. Si je peux vous aider en quoi que ce soit pour cela, surtout faites-le-moi savoir. Cordialement.

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