Monday, January 23, 2012

Cup Winners Cup 1982 1983 Real Madrid Inter Milan

 Quarter Final,
Second Leg
17 March 1983
Estadio Santiago Bernabéu,
Madrid
Referee Mr Christov (Bulgaria)

  Le Real Madrid et l'Inter de Milan sont de vieilles connaissances, leurs routes s'étant souvent croisées au cours des décennies. On peut même dire que Tinter de Helenio Herrera, celui « des robots » a mis un terme à la formidable épopée de la bande à Di Stefano, celle qui avait gagné cinq Coupes d'Europe d'affilée (de 1956 à 1960) et rêvait, en 1964, à Vienne, de rétablir sa suprématie. Le 27 mai de cette année là, les glorieux anciens du Real, accompagnés du Français Muller, avaient vu leurs espoirs sombrer devant Sarti - Burgnich, Guarneri, Facchetti - Tagnin, Picchi - Jaï'r, Mazzola, Milani, Suarez, Corso (3-1, buts de Mazzola, 43e, 76e ; Milani, 61e ; Felo, 70e). Le temps a passé, le Real et Tinter ne sont plus ce qu'ils étaient. Ils possèdent encore, bien sûr, leur palmarès, leur maillot et l'illusion de leur grandeur. Mais ils n'ont plus, en leur sein, les seigneurs du ballon rond qui les rendaient quasiment invincibles. Ils sont redevenus mortels. Au printemps 1983, ils sont l'un et l'autre quart-finalistes de la Coupe des Coupes, et appelés à se rencontrer. L'Inter, avec son Allemand Hansi Muller et son Brésilien Juary, n'a pas connu la réussite attendue en championnat d'Italie tandis que le Real, avec son Allemand Stielike et son Néerlandais Metgod (une surprise !) est encore en course dans quatre compétitions. 

 À San Siro, l'inter bat tous les records de recettes jamais établis dans le calcio : un milliard soixante-cinq millions de lires, soit environ six millions de francs. Il devrait largement gagner, son devin Oriali ayant ouvert le score après un quart d'heure de jeu, si l'arbitre turc M. Tokat savait ce que diriger veut dire et si le gardien de l'inter, Bordon, ne commettait une coûteuse « papera » (une gaffe) à la 59e minute. En cette occasion, sur un tir de l'Espagnol Gallego, de vingt-cinq mètres, Bordon s'est placé sur la trajectoire du ballon afin de le bloquer avec son corps et son bras. Mais le ballon a ricoché pour aller mourir dans les filets de l'inter, au grand désappointement des supporters milanais. Bordon, accusé par tous, n'accepte pas le procès qu'on lui fait: «J'aurais aisément arrêté ce ballon s'il n'avait pas changé de trajectoire au dernier instant. Il est facile et tentant de tout mettre sur le dos du gardien mais les erreurs des attaquants existent elles aussi. Et l'arbitre, vous n'en dites rien de l'arbitre?» Sandro Mazzola, Pex-joueur devenu « consigliere delegato sportivo» de l'inter, se charge de l'exécution du Turc Tokat : « Il est invraisemblable de faire arbitrer un match de cette importance par un homme qui n'a aucune expérience et qui possède de surcroît une réputation fâcheuse. Je relève quatre incohérences de sa part : 1. Il a annulé un but d'Altobelli qui était parfaitement valable et qui nous aurait permis de mener 2-0; 2. Il n'a pas expulsé Bonet pour sa faute sur Oriali ; 3. Il a accepté que son juge de touche garde le bras levé pendant pratiquement toute la dernière demi-heure ; 4. Compte tenu de tous les arrêts de jeu, notamment la blessure d'Oriali, il a prolongé le match de seulement huit secondes. C'est du vol pur et simple. » C'est aussi l'avis, plus joliment exprimé, d'un dirigeant de Tinter: «On me dit que cet arbitre est professeur de cours moyen. Il a modernisé le dicton : In dubiis pro reo en in dubiis pro real. »

Il ne reste plus, pour l'inter, qu'à tenter de gagner à Madrid, devant 90000 spectateurs. Altobelli donne cet espoir à son équipe en marquant un but magnifique, à la 20e minute, après un crochet et un tir du pied gauche foudroyant. Mais on ne gagne pas aisément à Chamartin quand la pression devient féroce, quand l'arbitre - un Tchécoslovaque cette fois, M. Christov - se laisse prendre lui aussi à l'ambiance et quand on perd soi-même son sang-froid. L'Inter se fait piéger en l'espace de six minutes : d'abord sur un coup franc inventé par l'arbitre, coup franc converti en but par Salguero, l'appelé de la dernière heure au poste de stoppeur (50e) ; ensuite, sur une erreur de Collovati qui laisse Santillana placer sa tête redoutable sur un changement d'aile de Pineda (56e). Santillana, après cette victoire sur l'inter (2-1), est encore le héros des deux matches de demi-finale contre Austria de Vienne : un but à l'aller (2-2), deux autres au retour (3-2). Devinerait-on que ce jeune homme qui côtoie les oiseaux ne possède qu'un rein (double) et que le Comité de compétition espagnol envisagea un jour de ne pas lui donner de licence professionnelle ?



Goals:    0 -1 Altobelli 21´; 1-1 Salguero 51´; 2-1 Santillana 57´.
Real : Agustín, Juan José, Metgod, Bonet, Camacho, Ángel, Gallego (San José 29´), Stielike, Juanito (Del Bosque 67´), Santillana, Fraile (Pineda)
Inter : Bordon, Bergomi, Baresi, Ferri, Collovati, Bini, Bagni, Muller, (Bergamaschi 70´), Altobelli, Orialli, Juary (Beccalossi 85´).








Caps








2 comments:

  1. TWB muchas gracias de nuevo por el aporte.Por curiosidad el partido de ida hay imagenes.

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  2. Salut twb.
    Real-Inter...un vrai classique des années 80 en coupes d'europe. 4 oppositions entre 81 et 86...et à la fin c'est toujours le Real qui gagne!!!...et avec quelques matchs d'anthologie...merci pour celui là qui est un de ceux dont on se souvient le moins.
    Cordialement.
    Jarobegusi.

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