Monday, June 13, 2011

European Cup 1985 1986 Barcelona Steaua Bucharest

Final
7 May 1986
Estadio Sanchez Pizjuan, 
Sevilla
Attendance 60000
Referee Michel Vautrot (France)


 Les vieux dictons populaires ne sont, hélas, pas toujours frappés au coin du bon sens. Ceux prétendant qu'il « n'y a que le résultat qui compte» ou encore'que « la fin justifie les moyens » ne relèvent ni de la grandeur d'esprit, ni de l'intelligence. Dans le domaine du football, et depuis bien longtemps, ils font pourtant fureur. Ce sont les slogans préférés de ceux que l'on appelle les « réalistes ». Les prêts à tout pour la victoire, les je m'en foutistes de la manière. Le F.C. de Barcelone qui va disputer la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions le 7 mai prochain à Séville est une équipe réaliste. Dans son parcours européen de cette saison 1985- 1986. nous avons eu plusieurs occasions de le vérifier. En quart de finale contre la Juventus de Turin, en demi-finale contre Gôteborg notamment. Face à la Juventus. lors du match retour en Italie, l'équipe catalane, victorieuse 1 -0 au match aller, a joué un jeu essentiellement défensif. 
Après avoir eu la chance de compter sur la maladresse de l'avant-centre turinois Pacione, elle inscrivit un but en contre par son buteur Archibald. Puis elle s'efforça de tenir le résultat, ne se souciant pratiquement plus de jouer au football. Contre Gôteborg. le scénario fut différent : battu 3-0 lors du match aller, le « Barça » se devait d'attaquer. Il le fit avec un jeu dépourvu de toute imagination, un jeu de fureur, de hargne, de volonté, porté par plus de 100 000 spectateurs appuyant ses efforts, et sifflant systématiquement ceux de l'adversaire, Une fois encore, la chance se rangea à ses côtés. Les joueurs suédois tirèrent trois fois sur les poteaux ou la transversale, gâchèrent en outre deux ou trois occasions franches de marquer. Pour passer la défense avancée de Gôteborg, les Espagnols jouèrent un hourrah-football totalement d'imagination ou même de la plus primaire tentative de création. Le ballon récupéré s'envolait systématiquement dans les airs vers la surface adverse, poursuivi par les courses effrénées de Carrasco ou du centre-avant suppléant Pichi Alonso. Un fiasco esthétique qui finit cependant par « user » l'adversaire, lequel craqua à trois reprises (trois buts de Pichi Alonso) et finit par s'avouer vaincu. Le F.C. Barcelone qui avait remporté le Championnat d'Espagne la saison passée avait une autre allure. Sous la houlette d'un Bernd Schuster rayonnant, le Barça produisait alors un football d'une toute autre envergure, ou construction et création n'étaient pas des notions vides de sens. Schuster, hélas, a décidé cette saison de recommencer ses frasques. En conflit avec les dirigeants catalans, il joue les malades diplomatiques, ne s'entraîne plus. Venables, en conséquence, a dû se passer de ses services. Pour le match retour contre Goteborg, le milieu de terrain ouest-allemand fut tout de même choisi. Venables était conscient que ses vertus créatrices seraient précieuses. Las, hors de forme et à moitié boycotté par ses coéquipiers, il ne délivra sa science qu'à petite dose avant d'être sorti du terrain aux alentours de l'heure de jeu.

Ce Barcelone 86, en régression sur le plan du jeu, a réussi dans cette Coupe d'Europe à éliminer, avant la Juve et Goteborg, le Sparta de Prague et le F.C. Porto. Il sera favori de l'opinion pour la finale, plus pour ses qualités physiques, sa capacité à exercer un pressing constant, sa fougue et sa hargne que pour la valeur de son jeu collectif ou sa capacité à faire preuve d'imagination. Plus pour sa réputation de grand club que pour sa valeur réelle. Plus pour son expérience (face à un Steaua qui jouera sa première finale) que pour son talent. Du talent, pourtant, il y en a, dans les rangs de la formation catalane. Du gardien Urruti à l'avant-centre Pichi Alonso, en passant par l'arrière gauche Julio Alberto, les autres attaquants Carrasco ou Archibald, les milieux Esteban ou Caldere. Sans parler de Schuster, s'il joue. Mais ce talent, incontestablement, est gâché par le « réalisme », par un style de fureur qui oublie complètement en route les vertus essentielles du jeu collectif, de la construction, de la création. Et on peut penser que c'est encore ce football-là que les Barcelonais tenteront d'imposer en finale. De la capacité de Steaua à jouer sans complexes face à ce Barcelone-là dépendra l'issue de ce sommet européen de la saison. Barcelone y cherchera le seul titre qui manque encore à son palmarès. Les Catalans ont remporté dix championnats d'Espagne, vingt coupes, deux coupes des Vainqueurs de Coupes (la dernière en 1982), quatre UEFA. Mais ils ont perdu leur seule finale de Coupe des Champions, disputée à Berne contre Benfica en 1961. On imagine facilement quelle sera leur motivation. On veut cependant espérer qu'elle ne les entraînera pas au-delà des limites permises. Ni eux, ni leurs supporters. Un an après le Heysel, cette finale des Champions a beaucoup à se faire pardonner...

Qui l'eut cru? Alors que la Coupe d'Europe des Clubs Champions présentait une nouvelle fois cette saison un plateau richement garni (Juventus, Bayern, Barcelone, Anderlecht entre autres et sans les clubs anglais toujours stupidement suspendus par l'UEFA alors que les problèmes de violence hebdomadaire en Italie, Allemagne, Hollande, ne sont pas résolus pour autant), ce sont des équipes dites modestes qui ont marqué l'épreuve. Rappelons le bon parcours des Finlandais de Kuusysi Lahti (quarts finalistes) et des Suédois de IFK. Gôteborg  (demi-finalistes) avant de s'attarder bien entendu sur le champion des petits, Steaua Bucarest. Petit, dans ce cas, n'est pas péjoratif. Le terme serait même admiratif tant les champions de Roumanie ont fait preuve, face à Anderlecht, d'enthousiasme et de solidarité.  La joie de jouer et la simplicité de Steaua ne pouvait être vaincue. Dans les vestiaires après le match, l'entraîneur Emmerich Jenei (49 ans, ancien international resté fidèle au club) pouvait être satisfait de ses joueurs. Ses recommandations de pressing avaient été respectées à la lettre et son souci du beau jeu assouvi. Quant à Ladislau Bôlôni. le plus connu des joueurs du Steaua. il promettait pour la finale de Séville un beau spectacle de la pan de ses camarades. Mais quel est ce club de Steaua? Fondé en 1947 sous le nom de CCA Bucarest (Maison Centrale de l'Armée), qu'il changera en 1961 pour celui de Steaua. il s'agit en fait de l'année. Bien que tous ses joueurs ne soient pas militaires (Bolôni, par exemple, est dentiste), ses dirigeants le sont. 

 Dix fois champion national (avec un gros trou de 78 à 85) et quatorze fois vainqueur de la Coupe (dont le doublé en 19851 le club ne vivait que de modestes souvenirs européens (dont un quart de finale en Coupe des Coupes 71 -72). Mais jamais il n'était venu à l'idée d'un supporter de pouvoir disputer une finale européenne. Pourtant, après avoir éliminé Vejle (4-1 et 1-1) et Honved (4-1 et 0-1), le rêve est aujourd'hui réalité.
Alors que les vedettes actuelles de l'équipe nationale roumaine appartiennent plutôt à Craiova et au Dinamo, le Steaua a l'avantage d'un ensemble très soudé. La quinzaine de joueurs qui forment l'effectif ne semble pas avoir de faiblesse. Jenei (assisté de l'ancien attaquant lordanescu) fait pratiquer un système de jeu parfaitement adapté aux hommes dont il dispose. Personne n'est enfermé dans une rigueur tactique. On bouge beaucoup au Steaua et dans tous les sens.
Mais pas n'importe comment. Si le gardien Helmuth Ducadam (26 ans) est correct, sans plus, c'est dans le champ que résident les points forts. Le libero Miodrag Belodedici (21 ans) est un élément d'avenir. D'origine yougoslave, il ne manque pas une occasion d'aller placer un coup de tête devant le but adverse. Si son stoppeur, Adrian Bumbescu (25 ans) reste vigilant en défense, les arrières latéraux Stefan lo-van (25 ans, international) à droite et Ilie Barbulescu (28 ans) à gauche, soutiennent sans cesse les demis et les attaquants. Chacun dans un style différent, lovan plus technique et Barbulescu plus combatif, ils sont difficiles à passer.

Au milieu, Bolôni (32 ans) qui ne doit pas regretter son transfert de Tirgu Mures à Steaua en 1984, est souvent le plus défensif. Mais c'est lui qui commence par orienter le jeu. Quant à sa frappe de balle du pied gauche, elle est redoutable. Devant lui à droite, deux hommes en balance pour une place : Mihail Majearu (25 ans) pu Lucian Balan (26 ans). Le premier est un joueur solide qui couvre beaucoup de terrain, le second possède moins d'expérience puisqu'il est arrivé en début de saison du petit club de Baia Maire. Enfin, à gauche, c'est le capitaine Tudorel Stoïca. En froid avec le sélectionneur Lucescu, il délaisse l'équipe nationale. Tant mieux pour son club et pour ses équipiers qui profitent ainsi de ses longues transversales précises. Point fort de la formation de Steaua, le milieu de terrain ne possède donc que trois éléments mais on a pu observer contre Anderlecht que quatre opposants directs ne lui font pas peur. L'attaque, composée elle aussi de trois joueurs, dispose de garçons complémentaires. A droite, Marius Lucatus (21 ans, international) est très dangereux par sa vitesse d'exécution, son sens de l'anticipation et du but. Grand, mince, rapide, il n'a pas son pareil pour profiter d'une erreur de l'adversaire. Et c'est un bon centreur. Victor Piturca (29 ans) au centre, s'entend très bien avec son compère. A lui les espaces libres et les tirs dans toutes les positions. Et à gauche, Gavrila Balint (22 ans), dribble, centre et aide le milieu quand le besoin se fait sentir. Trois joueurs, trois styles, mais aussi trois dangers.
Avec tous ces éléments, l'Europe de l'Est peut décrocher un titre européen. Seul le manque d'expérience (surtout dans une arène surchauffée comme le sera celle de Séville) peut faire rater à Steaua son rendez-vous. Encore qu'avec autant d'enthousiasme, tout soit possible...

Steaua Bucarest Dudacam - lovan, Bumbescu, Belodedici, Barbulescu - Majaru, Balan (lordanescu, 72e) - Bôloni, Balint - Lacatus, Piturca (Radu, 107").
Entraîneur : Emeric Jenei
FC Barcelone Urruticoechea- Gerardo, Migueli, Alesanco, Julio Alberto-Victor, Schuster (Moratalla, 85e), Carrasco- Pedraza, Archibald (Pichi Alonso) , Marcos.
Entraîneur :Terry Venables
Shoots : MajarufS, m), Alesanco (B, m), Bôlôni (S, m), Pedraza (B, m), Lacatus (S, r), Alonso (B, m), Balint (S, r), Marcos (B,m)

Codec H264, Mkv
Bitrate 1300
Sound 128 kbps
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