Monday, May 30, 2011

European Cup 1999 2000 Real Madrid Valencia

Final
24 May 2000
Stade de France,
Paris

Attendance : 80 000
Referee: M. Braschi (Italie)

 La dame est belle, portant joliment la quarantaine alerte. Elle témoigne d'un rien d'audace aussi, qui, pour son quarante-cinquième anniversaire, sa dernière sortie du siècle, revenue sur ses terres d'origine, a envie de s'amuser, de s'éclater. Trop longtemps posée sur un socle, rutilante comme jamais, elle aspire maintenant à la folie, après quatre-vingt-dix minutes d'affrontement entre ses courtisans. Alors, pimpante, elle se laisse attraper par ses grandes oreilles. Géante Coupe des champions, elle s'abandonne aux toréadors du Real Madrid, ses plus fidèles serviteurs, maîtres incontestés de l'Europe, qui, pour la huitième fois depuis sa naissance, sont parvenus à la séduire. Sur la piste de danse, estrade un rien kitch estampillée UEFA, il y a là Manuel Sanchis II, entré en jeu à la quatre-vingt-unième minute, fils du grand défenseur Merengue Manuel Sanchis I, déjà inscrit sur le carnet de bal de la jeune damoiselle en 1966. Bientôt, il tend ses bras, prêt à dompter et brandir cette désirable personne. Lennart Johansson, président de l'institution européenne, difficile gardien de cette Champions League si convoitée et si lucrative maintenant, sourit et, d'un geste, auguste la confie au très symbolique représentant du Real, club de légendes et de traditions. Prise de frénésie, elle saute de mains en mains, rebondit parfois, puis s'immobilise avant de grimper dans le ciel de Saint-Denis, tutoyer les étoiles.

Pour la première fois de son histoire, elle avait convié dans son plus bel écrin, le Stade de France, deux représentants d'un même pays, deux flamboyants porte-drapeaux de cet irrésistible football  espagnol. Il y avait là, bien sûr, son plus chaleureux amant, donc. Ce Real Madrid, qui, de Di Stefano à Raul, de Gento à Re-dondo, avait déjà enlacé sept fois ses courbes généreuses. Plus ouverte, elle avait aussi invité le FC Valence, un jeune courtisan dynamique, couvert d'orange en ce 24 mai, cette même couleur qui, en 1992, avait porté chance au... FC Barcelone. Insouciants soupirants, encore puceaux de la suprême étreinte championne, ces Valencians qui, par la bouche de leur mentor argentin Hector Cuper, avaient, la qui, la veille de la finale, déclaré leur flamme à dame Coupe: Nous sommes favoris! . Et il y croit, le vieux renard argenté. qui houspille et bouscule ses troupes depuis sa ligne, debout à deux mètres de son banc, à aller encore plus de l'avant. Avec Claudio Lopez, la petite bête argentine qui monte, il prouve que ce ne sont pas des paroles en l'air. Et le Pou, déchaîné, court et frappe à tout-va. Assis, debouVdebout encore, de la main, Cuper tente de chasser cette étiquette poisseuse de loser, qui commence à lui coller à la peau, après sa défaite, l'an passé avec Majorque, en finale de la dernière Coupe des coupes de l'histoire, contre les Italiens de la Lazio. Et Gaizka Mendieta, révélation espagnole de la saison, l'écoute, comme il l'a fait lors des deux tours précédents, contre la... Lazio et le Barça. Le milieu du FC Valence, ancien coureur de demi-fond reconverti en stratège footballeur, donne le rythme, élevé, très élevé durant ce premier quart d'heure. Partir vite, accélérer et finir au sprint. Si possible, car la saison est longue et les jambes sont un peu lourdes. Trop, peut-être.

Mais, lentement, tranquillement, le Real réagit. Sûrement, il impose sa technique supérieure, ses individualités brillantes, diamants sertis pour l'occasion sur un meme support. El Anelka, joyau vendu 220 Millions, funambule courant sur le fil du hors jeu, brille de son plus bel éclat. Revenu en grâce après des mois de querelles, de départs et de retours virtuels, d'incompréhensions, il donne toute la profondeur nécessaire au jeu du Real, simple utilisateur des espaces latéraux avant. L'attaquant français se démène, arrache davantage à chaque mètre son billet pour la phase finale de l'Euro et s'essaie même encore de la tête, un art où, jusqu'à la demi-finale retour contre le Bayern, à l'Olympiastadion, il n'avait jamais connu la réussite lors de son court mais déjà si riche parcours professionnel. Après un centre de Michel Salgado, il récidive alors et vise la lucarne. Mais Canizares a tout vu, tout compris et, d'une claquette, repousse l'échéance et le ballon. Valence souffre, hoquette quelques contres, mais recule chaque fois un peu plus loin. Et «Nico» repart, balle au pied cette fois. Ses actions ont le tranchant d'une épée tolédane. Esquive, attaque sur le flanc droit, il sert encore Michel Salgado qui prolonge au second poteau pour Morientes. Les chaussures rouges s'envolent et, de la tête, Fernando ouvre la voie du succès pour les Merengues. Valence ne reviendra pas, car la maîtrise madrilène est époustouflante. Redondo, cheveux courts et idées fixes, patte gauche enchanteresse, donne des regrets à tous les sélectionneurs argentins qui n'ont voulu ou n'ont pu l'utiliser. Roberto Carlos multiplie les courses offensives et défensives, avec la même vitesse et efficacité. Steve McManaman a retrouvé ses dribbles percutants et perforants et persécute la défense orange. Ce McManaman là est à l'image du Real tout entier, moribond en début de saison sous les ordres de John Toshack, a opéré un spectaculaire redressement avec Del Bosque sur le banc.



L'heure de jeu passée,  Macca from Liverpool se prend même pour Luis Fernandez et déchire le voile des dernières illusions valencianes d'un formidable ciseau des seize mètres pour tromper Canizares. La défense madrilène, source de tous les soucis de la maison blanche auparavant, tient, renvoie tout ce qui approche et offre même un formidable ballon de contre à la 75' minute. Raul, joueur vedette et buteur miracle, meilleur footballeur européen actuel, fonce dans le camp du FC Valence déserté. Arrivé en bout de course, après soixante mètres de sprint, il réalise une petite roulette imparable, la balle filant le long des six doigts de son pied gauche pour, d'une frappe croisée, donner plus d'ampleur à la superbe prestation Madrilene.

Et la Coupe des champions brille de plus belle pour tomber, une fois encore, sous le charme et la domination du bel hidalgo madrilène, fossoyeur, aux tours précédants, des rêves de grandeur du tenant Manchester United et du Bayern, finaliste 1999. Alors, Manuel Sanchis écrit et prolonge l'histoire. Puis Nicolas Anelka découvre des forces insoupçonnées pour promener sa dulcinée dans tout le stade. Heureux comme jamais, le plus jeune footballeur français vainqueur de la C1 (à 21 ans et 2 mois), parti pas ser son permis quand d'autres grimpait sur le toit du monde en juillet 98, se rattrape maintenant. Il ne quitte plus cette huitième merveille madrilène, fatale attraction qui l'a poussé d'Arsenal au Real. Face aux milliers de supporters couverts de blanc, il s'avance, s'arrête et leur montre ce trophée, «son" trophée, «leur» trophée en signe de réconciliation finale. Joyeux, ils lui adressent leur pardon et lui renvoient leur bonheur unique, leur fierté d'être madridista , maître de l'Europe, formidable ambassadeur de Escagne à travers la planète, a travers de vibrants et railleurs là rencontre du FC Valence eî, surtout, du Barça) «Viva Espana! . Descendu de sa loge, Lorenzo Sanz, président dépensier, couvert par quelques royales grâces, donne maintenant l'accolade à chacun de ses protégés avant de tenir, à son tour, pour la seconde fois de son mandat (1998 et 2000), cette si exigeante Coupe des Champions.
La belle, vêtue de rubans blancs, ivre de Champagne, pétille comme jamais. Et la fête sera grandiose, au mileu des membres de cette constellation scintillante, bardée de titres et de médailles, qui, l'an prochain, pourra repartir à sa conquête grâce à ce nouveau triomphe. Alors, c'est promis, cette nuit, les étoiles ne parleront que d'elle, grande dame et plus séduisante des maîtresses...

French Comments
Codec H264, Mkv
Bitrate 1300
Sound 128 kbps
Pass thewildbunch22
or twb22.blogspot.com

http://www.megaupload.com/?d=7O5LDZT1















Caps









1 comment:

NO LINKS ALLOWED