Friday, June 10, 2011

Focus On : Carlos Roberto "Dynamite" De Oliveira

 Roberto à Barcelone ! Celui que tous les Brésiliens chérissent sous le surnom de Dynamite (prononcez dinumitch , comme à Rio) a rejoint, dans l'exil doré espagnol, ses amis de la sélection. Luis Pereira et Dirceu, tous deux à l'Atletico de Madrid. A peine Roberto eut-il le temps de manquer d'un cheveu le titre de champion du Brésil avec Vasco de Gama, qu'il lui fallut faire ses valises au plus vite. Pas de vacances cette mince! Barcelone, malade, avait besoin de lui. Et vite! Depuis le début de la saison, le torchon brûlait entre Joaquim Rifé, l'entraîneur de Barcelone, et Hansi Krankl, la star autrichienne, meilleur buteur d'Espagne la saison précédente avec ving sept buts à son actif. I.'eutraineur reprochait à sa vedette de n'en faire qu'à sa tete, le joueur estimait qu'on lui en demandait trop sur le terrain, notamment sur le plan defensif. les rapports entre les deux hommes, l'un et l'autre fiers comme Artaban, se dégradèrent au point qu'il fallut se séparer. 

Les dirigeants choisirent la poigne énergique de Rifé, ancien joueur du club de surcroît. Un choix qui ne fut pas du goût de tout le monde, notamment de la presse barcelonaise, qui aimerait pouvoir faire la pluie et le beau temps dans le club azul-grana » (bleu et rouge), mais qui dut se résoudre, cette fois, à voir s'éloigner non seulement Krunkl, mais aussi l'Argentin Heredia, qui se plaignait, quant à lui, d'évoluer à un poste de défenseur pour lequel il ne se sentait aucune aptitude. El on soupçonna Rifé d'avoir eu la tête enflée par cette Coupe des Coupes virilement gagnée l'an dernier aux dépens de Fortuna Dùsseldorf. Rifé s'en défend. Pour lui, l'essentiel est de combattre le vedettariat instauré par Cruijff et consorts. Les stars sont des joueurs comme les autres, avec des droits, certes, mais aussi des devoirs, et notamment celui de se battre sur un terrain et de se soumettre à la discipline. Il se chuchote même en coulisse que Quimet dirige le F.C. Barcelone comme une quelconque équipe de collégiens, sans la moindre nuance. Pour remplacer Krankl, les dirigeants barcelonais ont voulu frapper fort. Ils n'ont pas hésité à investir dans les transports aériens et à chercher au Brésil, à grands renforts de voyages, la perle rare, le joueur d'exception, l'enchanteur des foules, l'insatiable buteur. Afin que le public catalan fasse taire un peu sa rancœur, lui qui vit encore sur le souvenir de Cruijff-le-patron et de Neeskens-le-battant. Arrive Roberto. Carlos Roberto de Oliveira, alias 'Dynamite'. Un beau et brun brésilien au passeport footballistique impressionnant : avant-centre, ne le 13 avril 1954, 1.83m, 79 kilos, champion du Brésil en 1974, vice-champion cette année, n'ayant jamais connu qu'un seul club, Vasco de Gama, une cinquantaine de sélections dans l'équipe du Brésil avec qui il conquit la troisième place en Coupe du Monde 78, 401 buts recensés au cours de sa carrière brésilienne, dont 68 l'an dernier pour 72 matches. Qui dit mieux? Pas grand monde! Rifé passe une semaine au Brésil, où il a l'occasion de voir trois fois Roberto, qui lui plaît énormément. Il apprécie son toucher de balle délicat, il aime sa présence aux avant-postes, sa détente, son jeu de tête, ses coups francs précis et puissants. Après huit heures de transactions difficiles, le contrat est enfin signé qui. pour la modique somme de 53 millions de pesetas (environ 3 400 000 de nos francs), lie Roberto au club catalan pour trois saisons et demie. Jusqu'en 1983, si tout va bien.

Roberto débarque le 8 janvier à Barcelone. En Europe, c'est l'hiver, la pluie, le" froid, dans la cité du délirant architecte Gaudi ; c'est dur pour un Carioca habitué à la chaleur tropicale. Mais il en faut un peu plus pour faire disparaître le sourire quasi permanent de Roberto, qui prend les choses comme elles viennent, y compris les fluctuations de sa carrière. Au Brésil, tout arrive par la main de Dieu. D'emblée, c'est la réussite. Pour son premier match, contre Almeria, Roberto marque deux buts, dont un penalty. Tous les Barcelonais se frottent les mains, oublient Krankl et ses coups de gueule, félicitent Rifé de son bon choix. L'avenir s'annonce bien! Mais les matches se suivent et ne se ressemblent pas. Le buteur est en panne. La presse barcelonaise, impatiente, se borne à constater : « Pour ce qui est de la dynamite, les pétards sont mouillés! » Elle ne cherche pas à comprendre ce qui se passe sur le terrain, où l'isolement de Roberto fait peine à voir. Lui, le technicien amoureux des remises et des une-deux, des feintes de corps et des combinaisons collectives, il erre comme une âme en peine à la vaine recherche d'un soutien, d'un appui. A Barcelone, on allume les fusées qui partent de derrière, et en avant la musique ! A chacun de se débrouiller. Seul. .
— Ici, chacun joue pour son compte, confie Roberto avec une pointe de désenchantement. Comme on dit au Brésil, chacun porte le ballon chez lui, à la maison !

Roberto, acheté à prix d'or, annoncé comme une super-vedette et auréolé de ses 400 buts brésiliens, est naturellement la cible de toutes les critiques, et notamment d'une presse catalane qui vise, à travers lui, Rifé, L'ex-idole de Vasco n'est pas le buteur-fonceUr, ni le chasseur à l'affût, dans le style de Gerd Muller, par exemple. Roberto, c'est le genre buteur-constructeur, avant-centre indifféremment en pointe et en retrait, dont la qualité principale est d'aimer faire des passes au cœur même de la défense adverse, là où elles sont le plus difficiles. A Barcelone (pour l'instant), c'est vraiment « mission impossible ». On lui reproche une nonchalance qui n'est que d'apparence, un manque de hargne qui n'est que le goût des choses bien faites. Au pays des « machos », la décontraction brésilienne prend parfois des allures de provocation, d'autant plus ressentie qu'une cabale se monte actuellement en Espagne sur ces étrangers si cher payés, mais dont le « rendement » est loin d'égaler les émoluments.
Tout cela n'est peut-être, au fond, qu'une question d'adaptation, et Roberto possède les arguments personnels qui devraient lui permettre de s'imposer dans un football plus physique et plus violent que celui auquel il était habitué.
 Il est très technique, dit de lui son coéquipier Simonsen, qui a connu des problèmes semblables lors de son arrivée à Barcelone. Il s'adaptera. Roberto a, en effet, changé de continent, d'équipe, de climat, de méthode d'entraînement, de style de jeu et même de style de vie. Il n'a, d'ailleurs, que faire des critiques qui se sont méchamment abattues sur lui après les premiers matches. C'est un professionnel qui regarde d'un œil négligent les titres des journaux qui veulent sa peau. Il sait que le temps travaille pour lui. Bonne chance tout de même, amigo !




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