Tuesday, October 11, 2011

World Cup Qualifying 1978 Bulgaria France

Group 5, Day One
09 October 1976  
Sofia

Referee Mr Foote

 Sofia, 9 octobre 1976. Une nouvelle équipe de France entame une nouvelle campagne pour une nouvelle Coupe du Monde. Loin de la phase finale et de ses feux télévisés, on ressent mal dans l'opinion l'importance de cette épreuve unique et le retentissement qu'elle peut avoir sur la vitalité d'un football national. Les joueurs, eux, savent. En 1974, les merveilleuses images du W.M. les ont emmenés dans la ronde. Depuis, ils font des rêves de tango argentin. Michel Hidalgo, qui connaît bien, et pour cause, les motivations et les ressorts des joueurs français est décidé à entrer rapidement dans le vif du sujet : « Je vais leur parler de gloire. De leur gloire. Je vais leur demander s'ils n'en ont pas un peu assez d'entendre chanter encore et toujours les mérites de l'équipe de France de 1958, celle de la troisième place en Suède. C'est à eux désormais de tourner la page et de reprendre la légende à leur compte.»

Entre Copenhague et Sofia, les Verts ont joué sept matches en trente-deux jours : cinq de championnat et deux de Coupe d'Europe. Et, bien sûr, plusieurs d'entre eux sont restés au tapis dont Lar-qué (prochaine opération du ménisque) et Rocheteau (simple coup). L'ossature sté-phanoise voulue par Hidalgo fond comme neige au soleil. Avec Lopez, rappelé au côté de Trésor, les Verts seront quatre. « Cela reporte d'autant la vérification de la valeur de mes choix. Avec l'ossature stéphanoise, souligne le sélectionneur, l'équipe de France a réalisé deux matches dissemblables : l'un euphorique contre Moenchengladbach, l'autre décevant contre le Danemark. Je pense qu'un équilibre se serait produit à Sofia. Mais je ne suis pas fâché. J'éprouve même un plaisir contradictoire, car les forfaits des titulaires me permettent de faire appel à certains joueurs comme Gallice, Bossis ou Synaeghel que j'aurais eu du mal à écarter.» C'est ainsi que, pour sa 29e sélection, Marius Trésor devient capitaine d'une équipe de France ainsi constituée : Baratelli —Janvion, Lopez, Trésor, Bossis — Bathenay, Synaeghel, Platini — Gallice, Lacombe, Six les cinq remplaçants s'appelant Rey, Rio, Battiston, Kéruzoré et Amisse. Les Bulgares ont sérieusement préparé leur affaire. La Coupe du Monde fait partie de leur budget publicitaire national : « Visitez Sofia, ses églises orthodoxes, son stade Vassil-Levski. ». C'est qu'ils sont vaillants, les Bulgares : ils n'ont manqué aucune des quatre dernières phases finales (1962, 1966, 1970, 1974). Pour être juste, il est nécessaire d'ajouter qu'ils n'y ont pas particulièrement brillé, ne se qualifiant jamais pour les quarts de finale et ne gagnant pas une seule de leurs douze rencontres (quatre matches nuls). Mais enfin, au contraire de bien d'autres, dont les Français, ils figurent régulièrement depuis quinze ans parmi les seize meilleures équipes du monde. Leur yoghourt magique ne fait pas seul la différence.

Le 9 octobre 1976, ils sont très remontés, ces mêmes Bulgares. Leurs champions de C.S.K.A. viennent de se casser les dents en Coupe d'Europe sur les Verts, lesquels n'ont même pas cédé aux provocations du stade Vassil-Levski. Ils devinent confusément que les Tricolores ne se laisseront pas non plus piétiner sans réagir. Et que Janvion, Lopez, Bathenay, Synaeghel seront les porte-drapeau de la rébellion française, après avoir goûté les premiers aux délices de la villégiature sofiote. Ce qui est certain, c'est que les joueurs français sont habités par la sérénité. Ils ne vont pas au sacrifice comme leurs aînés des années 1960 et, s'ils ne sont pas encore entrés dans la peau de conquérants, ils en prennent allègrement le chemin. Il suffit, pour s'en convaincre, de regarder vivre et parler Michel Platini, insolent de jeunesse, de gouaille et de bonne humeur. Manifestement, les Bulgares ne lui font pas peur. La première demi-heure de la rencontre est serrée, heurtée, impitoyable, comme un dialogue sans tirade et sans respiration. Une certaine retenue de part et d'autre et déjà des duels explosifs : Denev secoué par Janvion, Bathenay par Dimi-trov. L'équipe de France mène sa barque de façon exemplaire. En défense, avec l'aide de Bathenay et de Synaeghel, elle contre efficacement les Bulgares, alliant judicieusement le marquage individuel étroit au pressing incessant, à la politique de bloc et de regroupement, à des remontées ultra-rapides qui prennent souvent les Balkaniques au piège du hors-jeu. Michel Hidalgo l'avait dit : « L'esprit de corps des Stéphanois est quelque chose de définitivement acquis qui servira à l'équipe de France.» On le constate avec un vif plaisir.

Cette efficacité défensive n'enferme pas les Tricolores dans une forteresse. Libéré par l'abnégation de Synaeghel et Bathenay, ses deux « balanciers » du milieu de terrain, Michel Platini occupe une position très avancée qui le tient à portée de passe de Lacombe. Buste haut, regard clair, il observe les failles naissantes dans la défense bulgare. On est impressionné par l'habileté individuelle et collective des Français, par leur lucidité et leur sang-froid. On va découvrir en trois minutes leur étonnante efficacité. A la 37e minute, Bonev se fait sanctionner d'un coup franc pour un « pied haut » sur Bossis, à vingt mètres, légèrement sur la gauche. Les Bulgares ayant placé leur mur, Bathenay sert sur un plateau le maître d'œuvre Platini dont le tir de l'extérieur du pied droit transperce le rideau adverse et la lucarne gauche du but de Krastev. On a à peine le temps de s'extasier sur l'extraordinaire adresse du Nancéien que Bathenay sollicitant et recevant une passe de Platini, vient catapulter du pied gauche un ballon que Krastev est obligé de relâcher. Lacombe, vif comme la poudre, surgit et marque une deuxième fois. 2-0 pour l'équipe de France à Sofia, une immense bouffée de bonheur et l'assurance que toutes les promesses de ces derniers mois n'étaient pas du domaine du rêve. Comme si cette réussite était trop belle pour être vraie, le charme est rompu juste avant la mi-temps, « par l'un de ces buts idiots dont la tradition demeure, hélas, solidement implantée chez nous » (L'Equipe). Le Bordelais Gallice concède de façon intempestive et inutile un coup franc à vingt mètres que Bonev transforme avec la complicité de Lacombe (déviation) et de Baratelli (intervention cafouillée).

La deuxième mi-temps commence et les Bulgares, stimulés par un public rugissant, accentuent leur pression et pilonnent le but français. Le télégramme envoyé par Jean-Michel Larqué aux Tricolores avant le coup d'envoi prend toute sa valeur. Il contenait trois mots : « Rigueur, courage, solidarité. » Ces trois vertus vont être nécessaires pour résister à l'action conjuguée des Bulgares et de l'arbitre écossais Mister Foote. A la 65e minute, Lopez dégage en catastrophe sur sa ligne. A la 66e, Bonev place « une tête » sur la barre transversale de Baratelli. L'équipe de France, massée devant son but et tel le roseau de la fable, plie mais ne rompt point. Elle garde même suffisamment de ressources et de lucidité pour aller poser grâce à Platini ou Lacombe, des banderilles brûlantes. Ainsi, à la 68e minute, Platini efface tous les défenseurs bulgares y compris le gardien Krastev. Il va marquer, c'est évident. Mais Krastev, dans un sursaut désespéré, le crochète et l'abat. Déjà, Lacombe lève les bras pour saluer le penalty. Impérial, M. Foote laisse le jeu se dérouler. 

 Alors débute l'un des plus angoissants « suspense » de l'histoire de l'équipe de France. Car, dans la foulée de ce penalty refusé, M. Foote accorde aux Bulgares (69e minute) le but d'égalisation à 2-2 malgré les hors-jeu de Panov et Stevkov. Un but qui ressemble comme un frère voleur à celui d'Iliev en 1961, lequel barrait la route de la Coupe du Monde aux tricolores de l'époque Bernard, Wendling, Lerond, Rodzik, Ferrier et autres Guillas. M. Foote ne va pas en rester là. Alors que les Français se battent magnifiquement   et   se   créent   des   occasions Lacombe crocheté par Krastev, 70e ; tête plongeante de Rouyer entré à la place de Six ; échappée du tandem Platini-Rouyer, 77e ; envolée de Platini, 86e l'arbitre écossais multiplie les décisions défavorables à notre équipe, infligeant par exemple trois avertissements à Bathe-nay, Janvion, Platini contre aucun aux Bulgares. A la 87e minute, c'est le bouquet final de ce feu d'artifice arbitral, avec un penalty que siffle M. Foote pour une faute imaginaire de Bossis sur Bonev. Les joueurs français, fous de rage, se sentent dépouillés de la belle tunique qu'ils venaient de tisser avec leur talent et avec leur courage. Devant son poste de contrôle, Thierry Roland, notre commentateur de télévision, ne peut retenir sa colère et lâche un mot (salaud) qui va lui valoir les foudres des autorités. Heureusement, et comme souvent en sport, « le doigt de Dieu » imprègne le destin. Bonev, voulant tirer lui-même ce penalty, place le ballon hors de la cage. Et le score du match reste à 2-2, à la fois frustrant et magnifique.

« C'est peut-être une date, un tournant, écrit l'Equipe. Le jour où l'équipe tricolore n'a plus douté de rien. Le jour où l'équipe tricolore s'est enfin montrée digne des efforts considérables fournis, depuis des années, dans tous les domaines de notre football. Le jour où elle a touché ses premiers dividendes, cueilli ses premiers fruits. « Equipe en devenir», affirme Hidalgo. C'est vrai, mais déjà superbement présente. Avec, du fond d'elle-même, cette assurance, cet orgueil appris à Saint-Etienne. Comme une trame que réhaussent les broderies éclatantes de Platini, Lacombe ou Trésor. Equipe enfin accordée à l'ambition du premier sport français. » Et puis, comme les Français ont le goût de la contradiction, et peut-être le sens du fair-play, la presse s'efforce de ramener « le scandale Foote » à plus de mesure. « Trop c'est trop, tout ce qui est exagéré devenant insignifiant. Car, de deux choses l'une : ou bien M. Foote est un malhonnête homme et cela reste à démontrer, ou bien M. Foote est un mauvais arbitre qui, de surcroît a raté son match, ce qui est vraisemblable. Or, l'acte sortif étant un fait essentiellement humain, il est sujet à erreurs... » (France-Soir). « Tout s'est passé, en fait, comme si cet arbitre écossais, mal préparé à de pareils affrontements, avait été victime de l'ambiance et s'était mis, involontairement, à subir le match au lieu de le diriger. C'est embêtant, mais c'est malheureusement assez courant. Les arbitres sont des hommes, vulnérables, influençables. Il faut les accepter tels qu'ils sont, c'est la loi du sport. » (France-Football) Ce qui n'empêche pas M. Sastre, président de la Fédération française d'envoyer pour la première fois à la FIFA un rapport sur les défaillances de M. Foote en demandant que plus jamais l'arbitre écossais ne dirige un match de l'équipe de France.






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Caps











12 comments:

  1. ah que de souvenir.... un des tous premiers matchs que je me souviens bien après l'épopée des verts...c'était un samedi aprés-midi.
    Et encore merci beaucoup.

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  2. ah j'oublié c'est le fameux match ou th roland a dit "mr foot vous etes un con"

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  3. sono elena-m,infinite grazie per questa ennesima
    perla.Continua così,sei grandissimo!

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  4. hello twb22,
    can you give me the new special member psw? I have the last one but it does not work.

    Massimo

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  5. Même si on s'est fait volé sur ce match, je ne suis pas convaincu des hors-jeu de Panov et Stevkov juste après le penalty évident refusé à Platoche ;
    En tout cas merci pour ce grand moment !!

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  6. Quel bonheur de revoir ce match! Grand merci à toi pour nous permettre d'y accéder. Effectivement, le match a lieu un samedi après-midi. J'ai 12 ans. Je le rate....et donc je passe à côté de la fameuse tirade d'un Thierry Roland encore très très sensible 'Monsieur Foot, je n'ai pas peur de vous le dire, vous êtes un salaud!!'. Faut dire qu'il a été secoué toute l'après-midi, le Thierry (penalty refusé sur Platoche, but hors-jeu des bulgares, penalty inexistant sifflé sur Bonev).
    C'est la naissance d'une équipe de France qui allait nous donner bien des satisfaction.

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  7. Un beau moment d'histoire pour cette génération 76/86, et la preuve qu'une épopée comme la leur tient à bien peu de choses en définitive, un but accordé ici aux bulgares, mais un autre refusé quelques semaines plus tard aux Irlandais à Paris ...
    Merci beaucoup pour nous faire revivre de tels moments ! (mais d'où sortent tous ces vieux matchs ?)

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  8. Thank you, Frank! I have long wanted to watch the birth of the great France team.
    Excellent! Cool! Thank you very much!
    In the near future I will doing post about "getting pregnant and conceiving" the France team :) Namely: two match French youth team against the Soviet Union in the quarterfinals of the Europe Cup 1976).

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  9. hey James... don't forget me, i miss the special new psw!

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  10. Bonjour,

    Les mots de passe que vous m'avez envoyé ne fonctionnent pas pour ce match.
    Merci de m'éclairer.
    Cordialement

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  11. Bonjour,

    Est-ce que je peux recevoir le mot de passe pour ce match? Y a t'il quelque chose d'autre que je dois faire?

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