Tuesday, October 11, 2011

Uefa Cup 1979 1980 As St Etienne Psv Eindhoven

Second round, 
Second Leg
7 november 1979
Stade Geoffroy Guichard ,
St Etienne
Attendance 38 000
Referee : M. Michelotti

 En cinq minutes les digues du P.S.V. Eindhoven ont été totalement submergées. 6-0 : Le raz de marée n'avait jamais atteint une telle violence à Geoffroy-Guichard. Une nouvelles fois, les Verts ont étonné l'Europe du football. Ce matin-là, Rijvers avait organisé pour tous ses joueurs un petit décrassage musculaire sur la pelpuse de Geoffroy-Guichard. C'est la tradition la veille d'une rencontre de Coupe d'Europe, de venir se mettre « le cadre dans l'œil ». Bien que les Hollandais du P.S.V. Eindhoven connaissent parfaitement ce stade où ils n'ont jamais réussi à marquer le monindre but, ils avaient décidé de ne rien laisser au hasard. Et d'en finir une fois pour toutes avec ces Verts, battus 2-0 chez eux au match-aller. 
 Ancien stratège de l'équipe stéphanoise des années 55, Rijvers porte des petites lunettes cerclées qui le font ressembler à un instituteur méticuleux. Et s'il lui fallut deux œillades hésitantes avant de me reconnaître, il fut alors bien plus spontané pour engager le dialogue : —  Tu viens pour la télévision ? —  Non, pas spécialement. —  Je trouve que Thierry Roland n'a pas été du tout gentil avec nous. —  Ce n'est pas grave. Je crois savoir qu'Herbin n'a pas apprécié de son côté les commentaires provoqués par la blessure de René Van de Kerhoff. Il y a donc match nul. Mais pour en venir au match de demain, il me semble que votre effectif est complet. Pas de joueurs blessés ? —  Si, si, mais ils vont mieux... Et Rijvers de rejoindre le centre du terrain avec un petit sourire malicieux. Mais ce sourire, il n'allait pas tarder à le perdre. Pourtant, il avait bien joué le coup lors du match aller, Son équipe bien qu'un peu déséquilibrée par la blessure de René Van de Kherkoff n'avait eu aucune peine à imposer sa manière devant des Stéphanois traumatisés par des performances très moyennes en championnat. Dans cette équipe hollandaise, de jeunes joueurs tels que Valke ou Coster étaient apparus pleins de talent. Les anciens, à l'image de leur capitaine Van der Kuylen, n'avaient pas digéré leurs échecs contre les Verts. Ils s'étaient chargés de le faire savoir. 

 Quelques réactions de Larios et Zimako n'avaient pas réussi à ébranler le bloc néerlandais. Sans être aussi souvent sollicité que lors des deux dernières confrontations Curkovic, lui, avait eu des interventions plus délicates. Enfin, le second but était l'image même d'une équipe quelque peu désemparée. Souvenez-vous. Un corner au second poteau, une montée trop lente des défenseurs, et Coster qui jaillit dans le dos de Farison pour glisser le ballon dans le but de Curkovic. Cette phase de jeu s'était répétée plusieurs dizaines de fois en 1976 et 77. A chaque fois, les Hollandais s'étaient laissés prendre au piège du hors-jeu. Cette fois, un ressort semblait cassé. Dès la fin de cette première manche, tout le monde, et en particulier les joueurs stéphanois, rêvaient de revanche. A coup sûr, en vue du match retour, les deux entraîneurs avaient élaboré des plans savants. Et mystérieux. Guerre des nerfs, guerre d'influence ou de communiqués, tout y était passé. Chaque équipe avait pris ses dispositions tactiques. Herbin, dont ce n'est pas l'habitude, avait décidé de ne pas révéler la composition de son équipe. 

 Rijvers lui, fidèle à lui-même, faisait courir des bruits, quelquefois farfelus. Bref, tout était en place pour le grand spectacle. Or, en cent cinquante-cinq secondes, tout ce qui avait été dit de vrai, de faux, de crainte ou d'espoir, tout disais-je, allait être balayé par ce qui nous avait amené à Geoffroy Gui-chard, c'est-à-dire le football. Cette balle arrachée par Elie dans les pieds de Wilschudt, prolongée par Rep pour Larios : un à zéro. Cette balle cafouillée sur la ligne des six mètres et récupérée par un Platini que l'on croyait convalescent : deux à zéro. Cette balle, davantage contrée que frappée par l'extérieur du pied gauche de Santini, avec, de surcroît, un petit rebond sur la ligne des six mètres : trois à zéro. Le reste ne fut plus qu'un long calvaire pour des Hollandais K.O. debout. Ce fut par contre une voie triomphale pour des Stéphanois médusés par leur réussite. Et dans cette turieuse bataille physique et nerveuse, un jeune homme calme, pondéré, rigoureux, allait réaliser une partie toute de finesse et de simplicité : Thierry Oleksiak, 18 ans, première apparition chez les « pros », premier match de Coupe d'Europe. A voir la disposition des joueurs hollandais sur le terrain, c'était vraiment à n'y rien comprendre. Le stoppeur Brandts était devenu arrière latéral ; les défenseurs Portvliett et Wilschudt se trouvaient au milieu du terrain pendant que Willy Van de Kerkhoff jouait arrière gauche ; enfin Valke un petit maître à jouer, du style Kee-gan, évoluait à l'aile gauche. Et dans cet imbroglio, les décisions de Rij-vers n'éclairaient pas du tout la situation : au bout de 20 minutes, sortie de Stevens (arrière droit) et entrée de Coster (ailier droit). 

 Une demi-heure plus tard, sortie de Coster et entrée de Postuma. J'avais l'impression de nager en pleine folie. En face, une équipé sereine, bien organisée avec des tâches précises pour chaque joueur. Permutations intelligentes entre Larios et Platini à la pointe de l'attaque ; marquage individuel strict pour les défenseurs et le demi défensif sur les attaquants hollandais. En plus de cela, de l'assurance technique et une agressivité bien placée. Et en définitive, un score qui reflète bien la physionomie du match. Si j'ai insisté sur les démarches des deux entraîneurs, c'est qu'ils ont joué un rôle primordial dans cette rencontre. Une partie de poker était engagée entre Rijvers et Her-bin. Le plus lucide a gagné. Rijvers a tellement compliqué la situation qu'il a entraîné (c'est son rôle) les joueurs dans sa folie. Herbin s'est prêté au jeu jusqu'à une certaine limite. Il a piégé son vis-à-vis et son équipe nous a permis d'assister à un grand moment de football. Mais pourquoi les miracles arrivent-ils toujours à Saint-Etienne ? Et le miracle se reproduira-t-il face aux Grecs d'Aris Salonique, en huitième de finale ? Les Verts joueront le premier match (28 novembre) chez eux, mais ils paraissent capables de franchir l'obstacle et de continuer.

Buts : Larios 2è, Platini 4 et 58è, Santini 5è, Roussey 89è, Rep 90è
Saint-Etienne : Curkovic - Janvion, Santini, Lopez, Farison - Platini (puis Roussey 74è) Oleksiak, Elie Rep, Larios, Zimako.
PSV Eindhoven : Van Beveren - Wildschut, Stevens (puis Coster, 24è, puis Postuma 61è), Van Kraay, Brandts-Poorvliet, Lubse, Willy Van de Kerkhov - Valke, René Van de Kerkhov, Van der Kuylen

Codec H264, Mkv




Caps












6 comments:

  1. The young Platini... how nice... Thanks!

    Beppe

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  2. PW doesn't work, too bad.

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  3. Il faudrait remettre des nouveaux liens pour ce match fantastique !!!!


    Merci

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  4. j'aimerais tant revoir ce match !!!!!!!!


    merci.

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  5. Merci beaucoup pour les nouveaux liens !!!!!

    je vais revoir ce match avec nostalgie !!!!!

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