Monday, September 12, 2011

European Cup 1975 1976 Borussia Mönchengladbach Real Madrid

Semi Final,
First leg
9 April 1980
Reheim Stadion,
Dusseldorf
Referee Mr Rion

Le printemps, comme chaque année, fait éclore les fleurs et les quarts de finale de la Coupe d'Europe. Après le long hiver et les trêves des championnats continentaux, les retrouvailles sont passionnées. En 1976, elles le sont encore plus que par le passé, l'impitoyable tirage au sort opposant deux des géants de la compétition : Moenchengladbach et le Real Madrid. Dire que les deux clubs sont heureux de se rencontrer à ce stade de la compétition serait exagéré. Ils se craignent, s'estiment puis se haïssent à mesure que l'affrontement approche. Mais puisque le vin est tiré, il faut le boire. Moenchengladbach, nous l'avons dit, c'est l'équipe des temps modernes, une sorte de bolide parfait qui peut gagner en même temps les 24 heures du Mans et le Grand Prix de Monaco. Le Real Madrid, c'est un mélange subtil d'Histoire, de passion, de flamme espagnole et de don du dépassement. N'importe quel joueur du monde peut venir à Madrid : en endossant le maillot blanc et en entrant sur le terrain de Chamartin, il est un autre joueur et il en sera marqué à jamais. C'est pourquoi, d'une seule voix, Netzer et Breitner se sont exclamés : « Moenchengladbach peut gagner sur n'importe quel terrain, sauf sur celui du Real. Nos compatriotes ont intérêt à faire la différence au match aller. »

Ce match aller se joue le 3 mars 1976 au Rheinstadion de Dusseldorf et la recette (fabuleuse) s'élève à 1,53 million de marks, soit 283 millions d'anciens francs. On comprend que les grands clubs n'aient pas envie d'être éliminés prématurément et qu'ils rêvent d'une longue aventure en Coupe d'Europe ! Cette longue aventure n'est pas si simple à décrocher, même quand on a .tous les talents de Moenchengladbach. « La Coupe d'Europe est implacable. Il flotte autour d'elle une odeur de drames. La Coupe d'Europe fait peur »  . Et elle fait peur parce que la seule valeur footballistique ne suffit pas. Des jeux psychologiques subtils interviennent pour créer une mystérieuse alchimie qui transcende ou abat. « II s'agit de montrer sa force avant de la prouver » dit Jean-Michel Larqué, le capitaine de Saint-Etienne. Et puis, il y a cette formule des mat-ches aller et retour qui implique une sorte de dosage tactique. On joue défensivement à l'extérieur, offensivement à domicile, en n'oubliant jamais qu'un but marqué chez l'adversaire compte double en cas d'égalité. « A partir de là, peuvent s'échafauder toutes sortes de stratégies qui n'ont généralement pas cours ailleurs. C'est un football psychologique. Ce qui veut dire qu'il existe une question capitale de nerf et de concentration. Ici, le dépassement de soi n'est pas une figure de style. Chaque exploit y trouve sa source.»   Udo Lattek, l'entraîneur de M'Glad-bach, compte sur le dépassement de ses hommes. Ceux-ci en ont l'habitude. Et Lattek dit : « Notre objectif est de n'encaisser aucun but chez nous et d'en marquer le plus possible. » La Palice était aussi brillant dans ce genre d'exercice oral.

Effectivement, M'Gladbach mène 2-0. deux buts marqués de belle manière par Jensen (2e minute) et Wittkamp (27e). Le troisième but est là, tout près, à saisir. L'équipe allemande ne saisit pas et le Real, comme le lion blessé, lui inflige un sanglant coup de patte juste avant la mi-temps par la tête de Roberto Martinez. Sur cette action, le gardien Kleff a fait pâlir de rage tous ses compatriotes en manquant sa sortie au poing. Il en a conscience et se frappe les flancs dans le vestiaire. « Je suis un véritable oiseau de malheur actuellement, dit-il à ses coéquipiers. Laissez-moi ici et faites entrer mon remplaçant. » Les joueurs de M'Gladbach n'en font rien. Peu avant sa « cagade », Kleff a été touché au visage dans un choc. Depuis plusieurs jours, il souffre d'une légère déchirure abdominale. « A l'impossible nul n'est tenu », lui disent-ils. C'est gentil, mais pas très efficace. Plus tard, Miljanic l'entraîneur du Real, dira à un ami : « M'Gladbach ? C'est neuf champions du monde et deux amateurs. » Les deux amateurs visés seront Kleff et Klinkhammer, celui-ci étant d'ailleurs surnommé en Allemagne « l'arbre qui marche ». Le Real a dans ses rangs un certain Pirri, un ancien attaquant reconverti au poste de libero qui se distingue depuis plus de dix ans par sa fougue, sa générosité et son punch. Pirri a tout pour lui : un registre technique complet, le jeu de tête, la frappe de balle, l'art d'être partout à la fois et de savoir tout faire. Miljanic le caractérise ainsi : « C'est un homme pour la compétition, c'est-à-dire le sportif type. 

 Il est né pour le football comme Beethoven pour la musique. » Et Football-Magazine dit de lui : « Comme les conquérants maures du Moyen Age, dont il a suivi l'itinéraire, Pirri a un caractère indomptable, une énergie sans défaillance, une allure noble et le sens de ce qui est beau. Son visage, qui a l'air dessiné au burin, est mis en valeur par le noir d'encre des cheveux, des sourcils et de la moustache. Une tête de soldat-artiste. » Le soldat-artiste en question va réussir à la 61e minute du match de Dussel-dorf une chevauchée qui compte dans la vie d'un guérillero. Parti de son camp, il élimine une cohorte d'adversaires pour venir, à vingt mètres des buts de Kleff, asséner une balle incroyable de puissance. 2-2 : les Allemands n'en croient pas leurs yeux. Ce sera pourtant le résultat final. Udo Lattek n'invoque pas le mauvais sort et les sorcières. « A 2-2, observe-t-il, il n'y avait plus de tactique possible : nous savions que le Real, avec habileté et intelligence, allait garder coûte que coûte un résultat qui lui permet les plus grands espoirs. Mais si, à Madrid, nous jouons avec la même intelligence que le Real chez nous et si nous connaissons la chance qu'il a eue, je ne vois pas pourquoi nous devrions dès maintenant considérer la partie comme perdue. »



Goals:    1-0 Jensen 2´, 2-0 Wittkamp 27´,   2-1 Roberto Martínez 45´, 2-2 Pirri 61´.
BORUSSIA MONCHENGLADBACH., 2; Kleff, Vogts, Klinkhammer, Wittkamp, Bonhof, Danner, Simonssen,  Wimmer, Jensen, Stielike, Heynckes.
REAL MADRID CF, 2; Miguel Angel, Sol, Camacho, Pirri, Benito, Velázquez, Del Bosque  (Vitoria 68´), Breitner, Santillana, Netzer, Roberto Martínez.


Caps










5 comments:

  1. Great memories. Mercy!

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  2. hello,I look for three super classic match full version
    1. 1970-1971 Everton VS Monchengladbach
    2. 1975-1976 West Ham United VS Eintracht Frankfurt
    3. 1992-1993 Sheffield Wednesday VS Kaiserslautern

    thank

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  3. Santillana! My favorite superhero! Thanks, I had only the return match.

    Beppe

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  4. Simplement EXCELLENT!!!!!
    Jarobegusi.

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  5. Thank you, but there is a mistake. European Cup 75-76 could not be played 9 Abril 1980

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