Monday, May 3, 2021

Euro 1992 Denmark Holland Demie Finale New Copy


Demies Finales

Ullevi - Göteborg

22 juin 1992


FR Roustand

Eur.1992.Dan.Holl.twb22.mp4

2.70 Go https://1fichier.com/?tl0319mwf34sgdie4766

Manque Penalties DVD fatigué


 

L’affaire se terminera donc, comme souvent, à la loterie des tirs aux buts. Néerlandais et Danois débouchent de deux heures d’empoignades avec la peau sur les os. Ils ont transpiré un résultat nul (2-2) qui n’ajoute rien à la gloire hollandaise mais confirme les Danois dans leur rôle d’empêcheurs de jouer en rond. Marco Van Basten sait bien depuis deux heures qu’à vouloir jouer les maraudeurs dans le jardin danois, il court le risque de se faire rosser par quelque manant mal embouché. Il déprime, Marco. Il n’a pas encore marqué. Il a le visage glabre, le teint pâle, le profil anguleux avec des yeux vides cernés d’une lourde fatigue, mais il fait mine de prendre un air détaché. Il bluffe. Il s’avance en jonglant avec la balle. Affreux garnement qui veut jeter de la poudre aux yeux de Peter Schmeichel. Il redevient en une fraction de seconde ce joueur « prétentieux, égoïste, cynique, froid et complaisant avec lui-même » que la presse néerlandaise a souvent pris pour cible. Mais là, c’est plus grave. Pour une fois, Marco Van Basten doute de lui-même. Il a dit bien avant ça : « C’est terrible que je ne parvienne pas à marquer. Mais c’est comme ça. Je ne suis qu’un être humain. » Il pose la balle sans aucune affectation. Il pense à autre chose, ça c’est sûr. Et quand il la frappe, pied droit largement ouvert, on sait avec lui qu’il ne marquera pas. 

 



Trop lymphatique, le ballon rebondira dans les mains de Schmeichel. L’affaire s’achève donc ainsi, par un meurtre, non un suicide dans un jardin danois. Marco Van Basten a pris sa tête dans ses mains puis est allé s’allonger quelque part sur ce gazon maudit où personne n’est venu le consoler. Van Basten sait maintenant que c’est lui, le héros de 1988, qui a précipité son équipe aux enfers. Il répète : « Des penalties, j’en ai tiré vingt-six dans ma carrière avant celui-ci. Et je n’en avais raté que deux : contre Naples et le Panama. » Les Pays-Bas rentrent dans le rang avec l’impression d’avoir été désarmés.  On a le sentiment qu’entre les intentions et les déclarations de principe des Néerlandais et aussi leur faculté à exposer sur le terrain leurs superbes dispositions offensives il y a eu l’implacable impossibilité physique de se hisser au niveau d’un style de jeu vénéré comme une religion. 

 



Les joueurs, qui faisaient autrefois la différence par la conjugaison de leur talent et de leur esprit d’abnégation, ont été un peu trop gâtés par la vie. Ils n’ont plus envie de se faire mal. Et chez eux, ce ne sont pas les ans qui laissent le plus de traces mais plutôt un certain détachement devant l’urgence des événements. On ne peut pas demander à MM. Rijkaard, Gullit, Koeman, Van Basten et consorts d’être au four et au moulin comme il y a quatre ans, quand ils oubliaient qui ils étaient pour se fondre dans la collectivité.  Toutefois, il serait injuste de faire porter le poids de cette élimination sur les seules épaules des stars néerlandaises. Car, en face, il y avait une équipe au style sans doute débraillé mais aux convictions et à l’acharnement profonds. Et ces vertus fondamentales ont peut-être été la cause réelle de l’indigence hollandaise. 

 


 






 


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