Tuesday, March 9, 2021

Copa America 1991 Argentina Paraguay

 

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1er Tour Groupe A
12 juillet 1991
Estadio Municipal,
Concepción


Cpa.Am.1991.Arg.Par.Thewildbunch22.mkv
931.8 Mo
https://uptobox.com/y9wtsi7i14ik


 Le paysage de l'Amsud s'équiibre. Depuis la moitié des années 80, les clubs paraguayens (Olimpia), Colombiens (Nacional Medellin) ou Chiliens (Colo Colo) dominent ceux du triangle d'or (Argentine - Uruguay - Brésil) en Copa Libertadores. Au Chili, la plus vieille compétition internationale du monde, la Copa America (1916), confirmera la tendance au niveau des sélections. Le succès de Colo Colo a impressionné les observateurs et décuplé l'enthousiasme des Chiliens, qui polissent leurs stades et préparent leur fête du rachat, après la suspension de 89, quand le gardien Rojas, en éliminatoires du Mondiale, «s'autoblessa» en invoquant le prétexte d'un feu de bengale. « La FIFA ne nous pardonnera pas pour autant, mais il ne coûte rien de l'impressionner... », affirment les maîtres d'œuvre de la fédération chilienne et du gouvernement En matière d'accueil, il n'y a rien à reprocher. Les Chiliens sont méticuleux, leurs téléphones fonctionnent, leur télé privée imite «Canal-Plus» jusque dans les caméras sur grues qui s'élèvent derrière les buts. Le pays ne souffre que de 25 pour cent d'inflation par an (dix fois moins qu'en Argentine). La misère se cache derrière les faubourgs, les prisonniers politiques incarcérés! 

 

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 Bref, c'est une transition démocratique tranquille qui permet de dépenser 1,8 millions de dollars dans l'accueil et 1,2 millions de dollars dans la réfection des stades. Entre la subvention de Coca-Cola, la vente des billets et une obole de la confédération sud-américaine, le comité organisateur espère équilibrer. Donner satisfaction aux 220 joueurs des dix pays du sous-continent, aux mille deux cents journalistes, aux 26 télés qui retransmettront le sommet du iool-ball sud-américain — Amérique du sud, centrale, Europe du Nord (Danemark, Norvège), du Sud (Italie, Espagne et France... du Sud-Est — TV Monte-Carlo). Si la sélection chilienne joue le titre, l'épreuve laissera même quelques bénéfices. Car le football chilien, quelques années après celui d'Europe, a décidé de ne plus se brader aux télés. Pour lafinale de Colo Colo, les chaînes ont dû payer 460.000 dollars quand elles ne déboursaient avant que dix pour cent de cette somme. Bref, le foot chilien se montre économiquement agressif Dans cette région du monde, il est pionnier en la matière, ce qui lui permet d'importer par exemple plusieurs joueurs argentins de premier niveau. Cette image de relative bonne santé est une vitrine que le gouvernement de la démocratie veut offrir partout. Mais elle est aussi récupérée par les nostalgiques de l'ère Pinochet, au nom des «bienfaits» d'une dictature de dix-sept ans (73-90), «dure, c'est vrai, mais efficace...». Dans un climat quelque peu tendu avec l'Argentine, après les voyages d'affaires de Pinochet (pour acheter des armes), et la bagarre entre les joueurs de Colo Colo et de Boca Juniors (en demi-finale de la Libertadores), le foot chilien est abondamment utilisé comme symbole d'unité nationale, ce que dénoncent les journaux des pays voisins... qui répliquent sur le même ton. La dizaine de morts que provoqua la victoire de Colo Colo dans les rues de Santiago inquiète les organisateurs. Les mesures de sécurité seront impressionnantes, dans les quatre villes où se joueront les matches .

 

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Alfio Basile, le sélectionneur argentin, est inquiet: «A Santiago, on va peut-être jouer avec des casques. » Sur la pelouse, cet affrontement chilio-argentin devrait être équilibré. L'équipe locale, conduite par Arturo Salh, ex-entraineur de Colo Colo, comptera sur la technique et la rapidité des joueurs de Colo Colo (notamment l'excellent milieu de terrain Jaime Pizzaro ou l'idole Patricio «Patro» Yanez) et sur les «exilés» (Basay, Zamorano). L'Argentine, elle, compte sur son jeu retrouvé après les affres du «Bilardisme». Basile aligne une génération de bons techniciens. (Latorre, Villareal, Mohamed), deux rescapés du Mondiale (Goycoechea et Ruggeri), et les «européens» Caniggia, Si-meone, Redondo. Son équipe est invaincue après des victoires contre la Hongrie et l'URSS et un nul à Wembley. Ces deux sélections sont les favorites du groupe A (Santiago et Concepcion). Malgré le travail de l'entraîneur uruguayen Victore Pignanelli, malgré les bons résultats qu'il obtint avec Pepeganga en Copa Libertadores contre les clubs uruguayens, le Venezuela demeure un pays où le sport national s'appelle «base-ball». Les Paraguayens, de Carlos Kiese (ossature Cerro Porteno — Olimpia, les deux grands clubs du pays) auront des arguments et notamment le jeune créateur d'Olimpia, Luis Monzon (21 ans). Quant au Pérou de Miguel Company, il nage dans les problèmes, à tel point que le public réclame le retour des vieux (Franco Navarro, Julio César Uribe, et le -poêla de lazurda» César Cueto). Les dirigeants se lamentent en prétendant qu'ils n'ont pas d'argent pour payer des maillots à manches longues ! 

 

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 Vingt-six matches, soixante quinze buts, du spectacle, du suspense, des émotions, des surprises, et surtout du public, beaucoup de public. La Copa America - Chile 91 ». disputée du 6 au 21 juillet, lut à coup sûr la plus belle fête du football sud-américain depuis bien longtemps. A Vina del Mar et Valparaiso, dans des stades de campagne (20.000 places), à Concepciôn (30.000) et Santiago (70.000), les dix sélections représentatives du continent des artistes ont eu la chance de jouer devant des spectateurs enthousiastes et de bon goût. Entre Cordillère et Pacifique, les Chiliens se sentent un peu à l'étroit et coupés du monde. Ils sont donc très accueillants. La pointe d'orgueil nationaliste qu'ils manifestent est toujours accompagnée de sourire et de douceur. Coincés dans leur prestigieux et apaisant décor de cimes enneigées et de roches brunes avec cormorans. Les Chiliens n'ont pas besoin de courir. Ils demeurent courtois, sensibles à l'art et la manière. Et ils sont spontanés comme la nature généreuse de leur pays. De surcroit, ils ne se limitent pas à aimer le football, ils le connaissent en profondeur. On ne leur vend donc pas impunément un produit de mauvaise qualité. Mais même lorsqu'ils crient «ladron» («voleur») à l'adresse d'un arbitre, ou «Chile!» pour protester contre l'ennui d'un Brésil Uruguay, ils ne parviennent pas à être agressifs. Dans la seconde qui suit, ils se remettent à la «Ola». Lors de cette Copa, il y eut beaucoup de "olas". Car le public chilien a eu la chance de vivre d'excellents moments de football. Lors de la phase éliminatoire, le Groupe A (Santiago Conception) fut le plus riche en spectacle et en buts. L'Argentine s'imposa lace à ses quatre adversaires avec un football efficace, souvent spectaculaire. Le Chili, d'abord prudent, ensuite offensif, termina second. Le Paraguay, confus, le Pérou, inspiré mais sans force de frappe et le Venezuela, en progrès mais qui s'écroula sur la fin, furent éliminés. Le Groupe B (Valparaiso Vina del Mar) fut plus avare d'émotions. Mais il se termina dans une atmosphère de suspense. Lors du dernier match face à l'Equateur, le Brésil se devait de gagner avec une différence de deux buts. Celui du 3-1 fut inscrit par Luis Henrique à la dernière minute. A la dernière seconde, une attaque équatorienne se termina sur le poteau... La Colombie se qualifia plus tranquillement, avec son désormais traditionnel football de toque, jeu collectivement très élaboré mais quelque peu inefficace : trois buts inscrits, un seul encaissé. L'Uruguay, plus «garra» que technique (seuls le milieu de terrain Fracchia et l'ailier gauche Borges se signalèrent par leurs qualités techniques), s'avoua vaincu pour avoir inscrit deux buts de moins que le Brésil. L'Equateur, malgré la confirmation de ses progrès, le talent des Aguinaga, Tenorio, Quinonez, disparut aussi. Tout comme la Bolivie, qui lut l'un des grands animateurs du stade Sausalito de Vina, avec le football bien léché des Ramiro, Castillo, Melgar, Sanchez ou Etcheverry, mais une absence totale de buteur. Le bilan de ce premier tour, expédié en une semaine, lut plus que satisfaisant : trois buts par match en moyenne, un niveau technique général en hausse, des risques, d'innombrables occasions gâchées.

 

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