Saturday, September 17, 2011

P.L. 2011 2012 Blackburn Arsenal

17 September 2011
Ewood Park,
Blackburn
Referee: A. Marriner
Attendance: 22637
  

 Ashley Young aurait pu être la recrue de l'été pour Arsenal. Un bain de jouvence, et pas seulement à cause de son patronyme. Ashley Young est né à Stevenage, à quelques minutes de London Colney, le centre d'entraînement dArsenal. Gamin, il a grandi dans le culte des Gunners et de son idole, lan Wright. Cet été, le joueur d'Aston Villa serait venu à pied de Birmingham jusqu'à l'Emirates. Mais il a signé à Manchester United. Et c'est sous le maillot des Red Devils qu'il a inscrit deux buts magnifiques à Arsenal dans ce qui restera pour le club londonien l'équivalent de la Saint-Barthélémy pour les protestants français. 

Deux frappes enroulées à la Thierry Henry. Deux coups de poignard pour un massacre. Ashley Young est pourtant un international anglais. Mais Arsène Wenger ne recrute jamais d'Anglais, ou alors pas encore internationaux. Il a bien tenté le coup avec Phil Jones cet hiver, mais Arsenal, qui proposait 10 M€ à Blackburn, a refusé de s'aligner sur les 12 M€ demandés. Le joueur est parti pour 19 M€ cet été à MU, où il brille en défense centrale, le point faible des Gunners. Depuis 1996 et son arrivée au club, l'Alsacien n'a fait venir que trois représentants du Royaume qui dépassaient les vingt ans : Richard Wright (23 ans, Ipswich), Francis Jeffers (20 ans et six mois, Everton) et Sol Campbell (27 ans, Tottenham), tous en 2001. Une époque où il disait : « II faut réangliciser le vestiaire. » Wenger recrute aussi rarement dans les autres clubs anglais, du moins ceux de Premier League. Il se sert éventuellement à Southampton (Walcott, Oxlade Chamberlain) ou à Charlton (Jenkinson, finlandais par sa mère). Et les recrues arrivent parfois dans le nord de Londres en métro ou en taxi pour la bonne raison qu'elles n'ont pas l'âge de conduire, comme ce fut le cas pour Jack Wilshere.


Il est vrai que Wenger a eu à se coltiner, à son arrivée, quelques cas gratinés de piliers de pub, comme Tony Adams, Ray Parlour, John Hartson ou Paul Merson. Il leur a donc préféré les Français (28 au total) ou les joueurs de Ligue 1, comme Gervinho ou Park tout récemment. Une recette qui a longtemps fait ses preuves, mais qui fit dire à un confrère anglais qu'Arsenal était « la 21e équipe de Ll ». Le problème, c'est que l'épicerie de luxe d'antan, d'où vinrent les Henry, Petit, Anelka, Vieira, Pires et autres Nasri, semble être devenue une supérette discount. Mais on en reparlera. Que dire du recrutement estival d'Arsenal ? Qu'il a été fait dans l'urgence relève de l'euphémisme. Une urgence dictée par les résultats de six derniers mois catastrophiques (2victoires, 7nuls, 5 défaites lors des 14 derniers matches de Championnat) davantage que par les circonstances (blessures, suspensions), auxquelles un grand club doit normalement être préparé. Mais Arsenal avait-il, telle la bonne ménagère, dressé sa liste de courses pour aller faire son marché? Pas sûr. On dira donc qu'Arsenal a fait les soldes. Et le problème des soldes, c'est que les bonnes affaires se font plutôt au début, pas à la fin. 


 Sous la pression, Wenger est allé chercher cinq joueurs dans les dernières heures du mercato, dont deux en Premier League : Arteta (Everton) et Benayoun (Chelsea). Un Basque (ex-PSG) et un Israélien. À l'agonie financièrement, Everton était contraint de vendre le premier. Le second, lui, n'est plus un titulaire à part entière depuis son départ de West Ham en 2007. Et si Mertesacker (Werder Brème), Park (Monaco) et André Santos (Fenerbahçe) apportent enfin quelque expérience, ils vont aussi devoir s'adapter à un nouvel environnement. Dans l'urgence là aussi. On se demande vraiment à quoi servent Steve Rowley, Gilles Grimandi et tous les excellents scouts qui bossent toute l'année pour Arsenal ? Arsenal est en souffrance. Les Gunners n'ont pas connu un début de Championnat aussi catastrophique (un point en trois rencontres et une 17L' place en Premier League) depuis vingt ans. Ils ont besoin d'un nouvel élan, et le constat ne date pas des dernières semaines. Leur dernier titre de champion remonte à 2004. Le dernier trophée (la Cup) à 2005. 

 Arsenal s'essouffle, par manque de vent, de dynamisme. Les lauriers ne refleurissent plus, et son histoire moderne, qui épouse la trajectoire de son manager, commence à ressembler à celle de ces chanteurs dont la discographie ne s'enrichit plus que de best of. Qu'on le veuille ou non, Arsène et Arsenal sont devenus des synonymes. Dans.le succès comme dans l'échec. Sans doute parce que le premier a redonné au second le lustre qu'il n'avait plus au milieu des années 90. À cette époque, qui semble si lointaine, Arsenal était boring, c'est-à-dire chiant à voir jouer. Devenu manager, George Graham, un des joueurs cultes de l'histoire des Gunners, en avait fait une équipe rugueuse et opportuniste. Victorieuse parfois, mais cynique et barbante. Wenger, lui, fut un nouveau Herbert Chapman. Un révolutionnaire. Ses méthodes d'entraînement, de diététique, son talent de formateur mais aussi son charisme feront fi de la déclinaison (Arsène who?) qui accompagnait son intronisation. Wenger, au propre comme au figuré, car seules les victoires appellent la respectabilité. Au pays qui inventa le football, il est devenu « le Professeur ». Un surnom qui en dit long sur la considération dont il jouit aujourd'hui.


 Avec Manchester United, Arsenal a régné sans partage sur la Premier League de 1996 à 2004. L'année charnière. C'est en effet cette saison-là qu'est arrivé en Angleterre, à Chelsea plus précisément, un certain José Mourinho. Le Portugais et l'Alsacien ne s'apprécieront sans doute jamais, tant leurs standards et leur vision du football semblent aux antipodes les uns des autres. Le premier est retors et n'aime que la victoire quand le second se veut romantique et chérit le beau jeu. Deux philosophies opposées. Seulement voilà, c'est Mourinho qui a gagné (champion en 2005 et 2006). Et qui a changé la donne. « Je ne crois pas beaucoup dans le leadership. Sur le terrain, je préfère voir une belle passe qu'un gars qui s'agite et joue au chef», observait Wenger en 2008. Tout l'inverse de Mourinho. Le problème pour Wenger, c'est que Mourinho a fait des émules, quand on ne parle pas d'influence. À Manchester, par exemple, où les préceptes de Ferguson étaient plus proches de ceux de Wenger, Mais sir Alex, qui n'avait plus gagné depuis 2003, a commencé à s'inspirer davantage du Portugais que du Français. Il n'y a qu'à voir comment jouait le MU de la saison passée pour en être persuadé. Gagner sans régaler, mais gagner avant tout. Loin de la doctrine Wenger. L'émergence de Chelsea, qui est également celle de Roman Abramovitch, fut aussi synonyme de dépenses somptuaires. Là où les Blues dilapideront sans compter. Arsenal comptera.  

Car Arsenal, contrairement à MU et Chelsea, a déjà beaucoup dépensé pour s'offrir son nouvel écrin, l'Emirates Stadium, qu'il intégrera en 2006. Comme le disent plus loin Robert Pires et Ray Parlour, le passage de Highbury à l'Emirates pèse lourd dans la situation actuelle. A la fois dans le soutien populaire, plus aussi chaleureux, plus «corporate», mais surtout dans le changement de philosophie du club. D'un chasseur de titres, Arsenal est devenu un braconnier de liquidités, pour rembourser ses emprunts. Les Gunners génèrent désormais des bénéfices, mais plus des trophées. Leur priorité n'est plus la même. À ce changement de politique, Wenger a été contraint de s'adapter. Et l'adaptation n'est peut-être pas sa qualité principale. Comme le dit notre confrère Kevin McCarra dans le quotidien The Guardian, « le Français semble depuis à la merci des événements au lieu d'en être aux commandes». Là où un Wenger a paru se figer, se murer dans un jeunisme d'obédience, un Ferguson a ajusté ses principes. Lui aussi aime la jeunesse (voirpage9). Mais il sait qu'il n'aplus forcément le temps de la former, que la victoire se reflète désormais autant sur les parchemins que dans les livres de comptabilité. Alors il est allé chercher une jeunesse opérationnelle: Wayne Rooney (arrivé à 18 ans), Cristiano Ronaldo (idem), Carlos Tevez (à 23 ans), Chicharito (22 ans), Phil Jones aujourd'hui (19 ans). Une fraîcheur qui, entourée de l'expérience des Keane, Beckham, Neville, Scholes, Giggs, Ferdinand, Vidic, Évra, a perpétué l'héritage des Cantona, Bruce, Hughes, Robson, Schmeichel. 

Depuis 2004, Wenger est allé chercher Koscielny, Squilacci, Song, Flamini, Adebayor, Chamakh. L'Alsacien n'aime pas le leadership donc, le leadership individuel s'entend. Il n'aime pas non plus les caractères, comme ceux de Joey Barton (qu'il aurait pu avoir pour rien cet été), plus durs à gérer. Mais son équipe en manque terriblement aujourd'hui. Au dire de Tony Adams, qui lui doit pourtant d'être redevenu le grand joueur qu'il n'était plus, « Wenger n'est pas forcément un grand coach, ni un grand motivateur». Adams aurait sans doute été plus utile comme assistant que comme critique, et il rêvait de l'être au côté de Wenger. Comme Dennis Bergkamp, désormais adjoint de Frank de Boer à l'Ajax, ou Patrick Vieira, qui joue un rôle important dans la construction du nouveau Manchester Cîty. Tous des anciens Gunners. Tous des futurs tauliers. Plus le temps est passé, plus Wenger semble s'être réfugié dans ses certitudes, celles de ses triomphes passés. Comme s'il voulait avoir raison pour l'éternité avec les mêmes idées. Mais le monde a changé, celui du football encore plus que les autres, même au pays des traditions. Le Barca de Cruyff est devenu celui de Guardiola...


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Prostré, quasi Ko... incrédule devant l'étendue des dégâts : l'image d'Arsène Wenger dans son box, à Old Trafford, le 28 août dernier, après la déroute d'Arsenal face à Manchester United (2-8), a fait le tour du monde. Et résume mieux que tout l'été presque meurtrier des Gunners.
Le manager français incarne depuis bientôt quinze ans un modèle longtemps synonyme de beau jeu et de victoires. Or, depuis 20O5, les Gunners n'ont plus rien gagné. Logiquement, Wenger concentre aujourd'hui un feu nourri de critiques. Même les fans d'Arsenal doutent. En février, l'incroyable défaite à Wembley, en finale de la Coupe de la Ligue, face à Birmingham ( 1-2 ), a durablement plombé le moral du vestiaire et confirmé les insuffisances d'une équipe en quête perpétuelle de maturité. Et ce, même si, en huitièmes de finale de la Ligue des champions, Arsenal a tutoyé l'exploit contre Barcelone, en s'imposant à l'aller ( 2-1 ) avant de craquer au retour (1-3) à dix contre onze, à cause d'une expulsion contestable. Les Gunners restent persuadés que la victoire aurait fait sauter un verrou psychologique important au sein du groupe. 
 Mais, une fois de plus, une fois de trop, les joueurs de Wenger ont mesuré ce qui les séparait du très haut niveau. Un mélange d'expérience, de froid réalisme, de puissance, voire de vice. Louable et ambitieux, le projet du Français de conduire au sommet un groupe patiemment construit s'est heurté au mur d'une double réalité, sportive et économique. Et, cet été, lassés, Cesc Fabregas et Samir Nasri sont partis au crépuscule du mercato. Arsène Wenger a longtemps paru ne pas croire à ce double adieu, et, malgré un réseau de recruteurs reconnu, le manager d'Arsenal a trop tardé à préparer leur succession. Ce n'est que dans les dernières heures du mercato que les Gunners ont fait signer André Santos, Mikel Arteta, Yossi Benayoun, Per Mertesacker et Park Chu-young, bien plus âgés que la moyenne des recrues habituelles. Bricolage ? Aveu d'impuissance ? Reniement ? 
 Très tendu ces derniers mois, souvent prompt à maudire l'arbitrage, la pelouse ou même la presse pour trouver sinon des explications au moins des excuses au déclin d'Arsenal, Arsène Wenger traverse la pire période de son long mandat londonien, durant lequel il a très peu délégué. N'oublions surtout pas qu'Arsenal a dû faire le dos rond financièrement pendant des années pour construire l'Emirates Stadium. Aujourd'hui, cette enceinte et les recettes qu'elle induit sont un atout incontestable pour l'avenir d'un club qui peut aussi espérer beaucoup de la prochaine mise en œuvre du fair-play financier instauré par l'UEFA. En se qualifiant pour la phase de poules de la Ligue des champions après avoir éliminé l'Udinese (1-0,2-1), Arsenal s'était offert un peu de répit. Mais, avec l'émergence de Manchester City, sa place dans le Big Four n'a plus rien d'automatique. Déclin inéluctable ou trop longue crise de croissance ? 
Caps







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