Monday, July 4, 2011

Copa America 1993 Argentina Mexico

Final
4 July 1993
Estadio Monumental, 
Guayaquil
Attendance: 50.000 
Referee: Marcio Rezende

L'Estero Salado est une épaisse rivière qui charrie des eaux d'un brun douteux. Elle court vers l'océan, du plus vite qu'elle peut, pour vomir son torrent de misère. A l'ouest de Guayaqui!, jadis «Perle du Pacifique», le Rio sépare un immense bidonville d'un stade majestueux. Pour se rendre de la pauvreté la plus extrême au luxe clinquant, il suffit de franchir le pont spécialement érigé à cet effet, l'image est gênante, le contraste indécent, mais ils résument les paradoxes de tout un pays Bour accueillir la trente sixième édition de la Copa America, l'Equateur s'est saigné aux quatre Veines. Ici les enfants meurent avant d'avoir vecu.. Ici sévissent le chomage la drogue et la violence. Mais au dela de ces priorités criantes, le gouvernement a décidé d'"offrir" à ses "Peones" une bonne dose de football, opium du peuple. Trois semaines de fëte et de passion. Trois semaines d'illusions...
A la veille de la finale, et tandis que l'Equateur perd la troisième place lace à la Colombie (0-1), une chaleur insupportable écrase la frénétique Guayaquil. Dans leur «bunker» du Filanbanco, étroitement surveillé, Alfio Basile et ses hommes mettent au point les derniers réglages. Ambiance hermétique. Les Mexicains, de leur côté, sont beaucoup plus cool. Déjà qualifiés pour la World Cup, ils sont venus ici en toute décontraction, ravis de l'aubaine qui leur est offerte de sortir enfin du carcan de la faible CONCACAF, où il n'ont plus rien à prouver depuis belle lurette, et de se frotter à des adversaires plus huppés. A l'image du Danemark à l'Euro, ils se sont comportés en invités turbulents tout au long d'une épreuve où ils ont gagné en confiance et étonné tout le monde, à commencer par eux-mêmes. Ce Mexique conquérant, c'est celui d'un homme intelligent et passionné, Miguel Mejia Baron, Fidèle aux conceptions tactiques de son prédécesseur, César Luis Menotti (qu'il a remplacé au début de l'année), -zone, pressing, spectacle et offensive- il a progressivement placé ses propres hommes en sélection, rappelant notamment son ancien camarade de fac Hugo Sanchez (brouillé avec Menotti) et révélant le talent d'éléments aussi remarquables que le gardien-libéro Jorge Campos (qui, dans son club, joue indifféremment gardien ou... attaquant!), le latéral Ramon Rîamirez, le milieu Alberto Garcia Aspe ou l'attaquant Luis Alves Zague. 

Sanctionné par la FIFA il y a quatre ans (pour avoir falsifié des dates de naissance lors d'une épreuve de jeunes) et privé de compélilion internationale, le Mexique a mis à profit sa suspension pour reconstruire son football. Après quelques errements, la nouvelle équipe en place a enfin trouvé la bonne voie. Mais Baron, pondéré, se garde de tout excès: «Nous n'avons encore rien prouvé. Que l'on ne vienne pas me parler de «super-Mexique» car nous avons encore beaucoup de travail à effectuer. Il ne faut jamais oublier les vertus fondamentales que sont l'humilité et l'effort.» Le gigantesque stade Isidro Romero Carbo (ex-«Monumental») de Guayaquil sonne le creux. A peine quelques centaines de Mexicains, quelques dizaines d'Argentins el les plus fortunés des Équatoriens. Les autres n'ont pas les moyens d'engloutir un tiers (voire plus) de leur salaire mensuel pour assister à la finale de la Copa America. Certains, toutefois, miseraient volontiers quelques Sucres (la monnaie de l'Equateur) sur le Mexique, mais Menotti a prévenu: «L'Argentine, c'est un peu comme l'Allemagne. Elle est toujours présente lorsqu'il le faut. Et elle est capable de gagner, même en louant mal». Mais cette fois. l'Argentine, emmenée par un super Simeone, |oue juste. El le Mexique se laisse endormir. Alors, Gabriel Batistuta s'arrache par deux fois el offre à son pays une quatorzième Copa. L'espace d'une rencontre, celle qu'il ne fallait pas louper, l'Argentine de Basile a retrouvé son vrai visage. Sa lente montée en puissance l'a menée du doute à la confiance, en vagues tumultueuses sur lesquelles elle est habituée à surfer. 

Un talent intact, une opiniâtreté farouche, un réalisme rare el une bonne dose de suerte (chance) lui ont permis d'allonger une impressionnante série de matches sans défaite (3l). Et celte Argentine-là, une fois de plus, a prouvé qu'il faudra compter avec elle lors de la prochaine Coupe du monde. Car voilà bien le seul objet du désir. Les sélections sud-américaines, à l'exception de l'Argentine et de l'Equateur, ont en effet snobé celle Copa America, concentrant volontairement leurs efforts sur les éliminatoires de la World Cup, qui devaient être disputés dans la foulée (une trouvaille vraiment aberranle) L'Uruguayen Francescoli, le Chilien Zamorano, le Colombien Aspnlla, pour ne citer qu'eux, ont débarqué en cours de roule, dans des conditions souvent rocambolesques (Ruben Sosa, lui, avait carrément été déclaré «introuvable» par son club, le peu scrupuleux Inter de Milan). L'absence de ces stars a singulièrement dévalorisé la Copa, lui ôlant une grande partie de son crédit. Le Brésil, par exemple, n'était qu'une pâle imitation. Carlos Alberto Parreira avait annoncé la couleur: la Copa America n'était, pour lui, qu'une «épreuve secondaire» destinée à tester quelques jeunes du cru. Avec une ossature pourtant composée de loueurs du Sao Paulo FC (champion du monde en titre) et de Palmeiras (champion pauliste) le Brésil n'a pas convaincu Et seuls le brillant gardien Zelli (qui cont'acte'a le choléra en mangeant des crevettes su' avion du retour!), le latéral offensil Caiù et l'excellent milieu Palinha peuvent espérer côtoyer les Ricardo, Rai, Valdo, Careca. Bebeto. Jorginho ou autres Branco, qui n'avaient cas daigné honorer la Copa America de leur présence mais qui guideront le «vrai» Brésil vers sa quinzième participation à la Coupe du monde-En attendant, Capilan Rugge' et les siens dansent autour du trophée Argentins cam-peon.'La Copa America est finie. Demain, c'est la World Cup. Joueurs, spectateurs. |0urna-listes: tous s'en retournent perplexes et frustrés. C'était donc ça? Trois semaines de Copa, trois semaines d'illusion Les derniers chants s'élèvent d'un stade baigné de lumière. Là-bas, de l'autre côté de l'Estero Salado, rien n'a changé. La Copa America est lime Demain, quelqu'un va mourir de faim dans cet infâme bidonville. Trois semaines de Copa, trois semaines d'illusion...



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