Tuesday, June 7, 2011

Focuss On : Socrates "Grandes Momentos Do Esporte"

 Il y a ceux qui aiment. Il  y a ceux qui n'aiment pas. Il y a ceux qui peuvent. Il y a ceux qui ne peuvent pas. Il y a ceux qui veulent. Il y a ceux qui ne veulent pas. Il y a ceux qui demandent de l'argent. Il y a ceux qui n'en demandent pas. Dans le football tourmenté d'aujourd'hui, où la vedette est toujours en concentration avant un match important, ou en décompression après un match capital, le journaliste ne sait jamais à quel type de réaction il s'expose lorsqu'il va au devant d'un joueur. Même s'il l'a déjà rencontré dix fois au détour des grandes compétitions mondiales. Breitner répond un non catégorique. Maradona veut dix mille dollars, Intel accepte à contre cœur. Tel autre refuse en s'excusant. Ce troisième n'a pas l'autorisation de son président général, à moins que ce ne soit, comme récemment en Bulgarie, de son général président. Avec Socrates Brasileiro San Paio de Souza Vieira de Oliveira (respirez), plus connu sous le simple nom de Socrates, milieu de terrain de l'équipe du Brésil, les choses ne vont pas ainsi. Pas besoin de rendez-vous, d'autorisation ou d'argent. Car Socrates est dans la vie comme il joue sur le terrain. 
 Un modèle de simplicité, de compréhension, de naturel. Star malgré lui, il est en réalité une anti-vedette. Le voir jouer, c'est déjà presque percer sa personnalité, tant il apparaît que ce footballeur talentueux, collectif, toujours à la recherche du plaisir, de l'élaboration, de la création, de l'expression de son art, de son intelligence, ne peut cacher un homme avare de contacts humains. Tant il apparaît que son amour du football sur le terrain ne peut que laisser place à son envie d'en parler au dehors. Socrates-le-footballeur et l'homme-Socrates ne font qu'un. II n'est pas de ces joueurs qui côtoient le génie balle au pied pour laisser place au vide lorsque la sphère ronde a cessé de rouler devant eux. Dans la vie de Sécrates, le ballon n'est pas une chose à part, c'est un élément qui lui permet de traduire, d'extérioriser ce qu'il a en lui de profond. « Le football est un art. Un moyen d'expression, au même titre que la peinture ou la musique... » Les grands peintres et les grands musiciens ne sont pas des personnages sans intérêt lorsqu'ils quittent leur toile ou leur clavier, révélateurs de leur personnalité. Sécrates n'est pas dépourvu d'intérêt, quand il délaisse ses chaussures à crampons qui lui servent à manifester la sienne. « L'important, dans le football, c'est les expériences qu'il permet. La connaissance des hommes qu'il apporte. L'épanouissement qu'il peut provoquer chez un être humain. > Alors, avec Sacrales, l'expérience de l'interview n'est pas une chose banale. Il évite les lieux communs et la platitude des déclarations toutes prêtes. Il écoute. Il répond. Il va au bout de ses idées, comme sur le terrain il aime aller au bout d'une action bien construite. Il prend son temps. Il nous l'offre. Il est acteur. Il vit l'échange d'idées, le provoque même. Il ne se refuse pas. Il va même jusqu'à donner l'impression que ce moment, trop souvent considéré avec ennui par ses pairs, est un instant qu'il apprécie. "Le football est une expérience de vie es grande, répète-t-il. J'a pu observer et connaître beaucoup de gens. 

 Trop souvent, hélas, les contacts sont superficiels, surtout à l'étranger. Je le regrette sincèrement". Le journaliste a enfin l'impression d'accoster aux rives bénies d'une véritable discussion, d'un débat qui sera forcément différent de celui consenti d'ordinaire par des footballeurs qui ont peur de se livrer, d'en dire trop, de critiquer, de parler du football autrement que dans le cadre restrictif d'un terrain de jeu. « Le football est un phénomène social. Chez nous, au Brésil, comme dans beaucoup de pays, c'est une chose d'utilité publique. Utile notamment pour le gouvernement, car il permet au peuple de supporter tous les problèmes sociaux qui existent. C'est un moyen de diversion qui diminue ou fait oublier les souffrances quotidiennes. Une étude statistique dans l'État de Sâo Paulo a livré des conclusions surprenantes. Quand l'équipe des Corinthians perd un match, la production dans les usines chute de manière très sensible... »
 Il n'est guère besoin d'insister pour que Sôcrates aille plus loin. « Menotti, le sélectionneur argentin, a ouvertement critiqué la junte militaire de son pays. C'est bien. Mais je ne crois pas que ce type de comportement puisse solutionner quoi que ce soit. Le problême est beaucoup plus vaste. C'est une question d'éducation des peuples, d'accession à la culture, à une conscience politique. Chez nous, depuis 1964, nous vivons aussi sous le régime d'un gouvernement militaire. Mais aujourd'hui, je crois que nous sommes sur la bonne voie, et j'espère que le prochain ne le sera pas. Je pense que nous marchons vraiment vers la démocratie. » « Le problème de la violence? Pour une grande part, il est dû au jeu défensif, qui débouche le plus souvent sur des actes répréhensibles. Il faut rechercher des solutions pour encourager le football a être plus offensif. Ainsi, on réglera en grande partie le problème. Mais cela n 'est pas facile, car hélas le football est très conservateur. Actuellement, il existe aussi un problème d'arbitrage. Il y a beaucoup de petites fautes qui tuent le jeu et ne sont pas sanctionnées comme elles devraient l'être. Ainsi, un joueur peut commettre au cours d'un match une grande quantité de gestes interdits sans être sanctionné, sous le prétexte qu'il n'y a pas eu d'agression délibérée. Cela peut aller du tirage de maillot aux poussettes, aux obstructions, aux petits crocs-en-jambe. Il faudrait limiter le nombre de ces fautes. Au-delà de cinq, par exemple, le joueur devrait recevoir automatiquement un carton jaune et à la suivante, un rouge. Cela existe en théorie, mais jamais dans la pratique. » Si l'on aborde le problème de la publicité envahissante, là encore Sôcrates se démarque. « La publicité est un apport de gains considérable pour le footballeur. Moi-même, j'utilise mon nom pour en profiter, le partage ainsi avec Zico une pub pour une banque, ou encore j'accepte de vanter uni marque d'équipements sportifs ou de pneus. Mais je n'accepte pas tout. Om'a proposé beaucoup d'argent pour la promotion de médicaments. J'ai refusé, car une ordonnance ne doit pas être prescrite par un footballeur, mais par un médecin. Cela est un problème très important au Brésil, où l'industrie de la santé est un commerce variable, puisque nous avons plus de 12 000 médicaments différents. ». Sôcrates connaît le problème, puisque, vous le savez, il est lui-même médecin. « J'ai commencé médecine à dix-sept ans. A l'époque, je jouais déjà au football, dans l'équipe de Botafogo Ribeiro Prêta, dans l'État de Sâo Paulo. Quand j'ai signé à Corinthians, en 1978, je n'ai pas voulu abandonner. J'aurais pu jouer à Fluminense ou à Flamengo, mais je ne souhaitais pas aller à Rio, de peur que son environnement, sa vie nocturne, son agitation, ne soit guère compatible avec la poursuite de mes études. » Rares sont les footballeurs qui ont pu mener de concert une carrière exemplaire et des études poussées. Sôcrates, né d'une famille de niveau social moyen (son père est fonctionnaire des impôts et il est l'aîné de sept frères), y est parvenu. Cette accession à l'instruction n'est sans doute pas étrangère à ce qu'il est devenu aujourd'hui. Pourtant, dans un football brésilien où les joueurs sont tous issus de milieux très modestes, il n'a jamais connu le problème de « l'intellectuel » dérouté dans un milieu par trop différent.
« Il est vrai que la grande majorité de mes amis ne sont pas dans le football. Mais je n'ai jamais eu de difficulté à m'intégrer dans ce milieu. Les différences culturelles ou d'instruction, les différences d'idées ou de mentalités se rejoignent dès lors que l'on considère le football comme un jeu, comme un plaisir, comme une possibilité d'épanouissement, qu'elle soit unique ou supplémentaire. » Encore convient-il pour cela que le football soit effectivement propice à cet accomplissement. « Pour moi, il n'y a pas eu de problème. Aussi bien avec Corinthians, dont j'ai porté le maillot à trente reprises depuis mon premier match en 1979 contre le Paraguay qu'en sélection. Je joue dans un contexte offensif. Pour Télé Santana, l'attaque est sa première conception. Dès lors, le joueur ne peut que progresser, participer, se sentir responsable, utile à la collectivité et dès lors il existe également sur le terrain. »
C'est vrai, Sôcrates existe sur le terrain. Sa technique est au service de son esprit. Ses jambes répondent à sa tête. Ses passes, ses remises, ses démarquages, ses tirs, sont les coups de pinceaux conçus par son imagination, sa réflexion, sa sensibilité. Cette balle croisée est la rime riche trouvée par le poète. Cette feinte de corps qui déséquilibre la défense adverse est l'accord mélodieux inventé par un Mozart. Comme eux, Sôcrates existe, vit, s'exprime et s'épanouit en créant, comme Junior, comme Zico qui ne sont pas des intellectuels. Et son plaisir est le même, et son plaisir est le leur et le football, leur langage commun, les unit et les rend semblables, quelles que soient leurs idées leurs cultures, leurs degrés d'instruction respectifs. « Pour moi, c'est la seule chose véritablement important dans ce sport. Les titres n'ont pas une grande valeur à côti de cela. Par exemple, je n'ai absolument pas de préoccupations statistiques. »
Sôcrates a vingt-huit ans. Un diplôme de médecine gêné raie. Il veut jouer encore deux ans. Après, il reprendra ses études pour se spécialiser dans l'orthopédie. Trois ou quatre ans encore, plongé dans ses bouquins. Au revoir, le football. Au revoir la compétition. 

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thewildbunch22

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6 comments:

  1. very nice. Mercy

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  2. Sócrates + 10

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  3. Merci, quel joueur !
    Juaninho

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  4. Merci, quel joueur !
    Juaninho

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  5. Fica em Paz doutor socrates rei do calcanhar !!!

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