Monday, April 18, 2011

European Cup 1975 1976 Bayern München As St Etienne

Final
12 May 1976
Hampden Park, 

Glasgow
Attendance: 54,864
Referee: Károly Palotai


 Le contentieux entre le Bayern et l'A.S.S.E. est sérieux. Les Bavarois se souviennent du cinglant revers concédé à Geoffroy-Guichard en 1967-1968 (0-3). Les Stéphanois n'ont pas digéré la manière dont ils ont été éliminés à Munich en 1975 (0-2) après avoir fait l'essentiel du jeu. Sans oublier la rogne du président Rocher qui, après avoir offert un magnifique fusil à son homologue bavarois Neudecker, a reçu en échange... une breloque, et l'impression très nette qu'on le prenait pour une bille. Ce président Neudecker ne travaille pas dans le génie et la délicatesse. Il n'a rien trouvé de mieux, avant la finale, que de réfuter Glasgow pour demander Milan, Paris ou Bruxelles. L'U.E.F.A. a refusé mais l'Ecosse n'a pas oublié. Puisque le Bayern n'aime pas Glasgow, Glasgow sera française.

Jamais dans l'histoire du sport français, une ville étrangère n'a été investie par autant de supporters de notre pays. 24 000 sont venus, par avions, voitures ou vélos. Vêtus, coiffés, chaussés, peints de vert, ils donnent à la capitale écossaise une chaleur et une couleur incroyables. Là-bas, en France, tous les coeurs sont verts. Les « unes » des hebdomadaires et des quotidiens aussi. Les cinémas et les rues sont déserts. Dans un instant, le match va commencer. Herbin a demandé à ses hommes d'oser et de croire en eux. Il leur a dit que tout avait été fait, dans tous les domaines, pour les amener, le jour dit, au maximum de leurs possibilités. Il leur a rappelé que les joueurs du Bayern n'étaient que des êtres mortels et pas les représentants d'une mythologie du ballon rond. Les doutes se sont envolés chez les Stéphanois et Larqué affirme : « Une chose au moins est sûre maintenant, nous ne raterons pas notre finale. »
Dans un premier temps, les Verts regardent leurs adversaires dans le fond des yeux, s'imprégnant de la réalité, de ce vieil Hampden Park transformé en Geoffroy-Guichard, de cette finale dont ils ont tant rêvé et qu'ils commencent à jouer. Puis rapidement, ils poussent à fond toutes leurs initiatives, sans le moindre complexe, sans la moindre nervosité. On voit Patrick Revelli arracher le ballon des pieds du Kaiser Beckenbauer, Piazza dominer sans vergogne le terrible Gerd Muller, Sarramagna traiter ses adversaires avec la merveilleuse insolence de son art. Devant tant de flamme et d'impertinence, le Bayern que l'on croyait le maître, retourne sur son banc d'école et regarde la leçon.
Saint-Etienne, sentant la proie à sa portée, accélère encore avec « une audace, un élan, une charge explosive dont manque totalement le jeu plus élaboré mais plus lourd des Allemands. » Les Verts portent alors deux coups fulgurants à l'orgueil du Bayern et manquent d'un souffle de faire basculer la finale en leur faveur.



A la 33e minute, Bathenay s'avance en une course chaloupée. Autour de lui, les Allemands s'écartent comme des quilles. Quand il part ainsi à l'attaque, le jeune demi stéphanois est inarrêtable et son tir meurtrier. Cette fois-ci, il expédie la balle sur la barre transversale sans que Maier ait pu esquisser un geste. Hervé Revelli est là pour reprendre l'objet de toutes les convoitises mais il panique un peu et l'expédie dans les mains du vieux Sepp.
La déception est vive mais elle n'a pas atteint son point culminant qui survient à la 39e minute. De son aile gauche, Sar-ramagna déclenche un nouveau centre brossé que Santini catapulte de la tête... sur la barre transversale. On s'aperçoit alors que les poteaux de Hampden Park sont encore rectangulaires, alors qu'ils sont ronds ou elliptiques partout ailleurs. On maudit ce vieux système qui ne facilite pas le glissement du ballon vers l'intérieur, et on craint pour nos braves Stéphanois. « Avec des poteaux de but ronds, à n'en pas douter, le tir de Bathenay aurait terminé sa course dans le but de Maier » écrit Norbert Esch-mann, l'ancien international, dans les 24 heures de Lausanne. Le Daily Mirror l'affirme aussi : « Les buts ancienne manière du stade de Glasgow ont sauvé le Bayern. »
« C'est dans cette fin de première mi-temps que les champions de France ont, sans doute, laissé échapper leur plus belle chance de victoire. Il y avait un air de conquête dans l'empreinte et l'agressivité des Verts, de la pertinence dans leurs combinaisons, de l'éclat dans leurs jaillissements. Le Bayern alors s'arc-bouta à son destin favorable, laissa en tremblant passer l'orage. Il avait vu le précipice s'ouvrir devant lui et avait failli y être précipité. » (L'Equipe).
« II y a une destinée Coupe d'Europe. Une sorte de doigt invisible désigne l'équipe élue et rien, à ce moment-là, ne semble devoir arrêter le cours du destin. » (France-Soir).





Le destin en question se présente à la 57e minute, alors que depuis un moment l'équipe stéphanoise semble avoir ralenti un peu la cadence. Gerd Muller, malin comme un singe, retors comme un détective, donne à l'arbitre l'impression que Piazza l'a bousculé. Le coup franc aux vingt mètres est une arme redoutable, que les Stéphanois apprécient quand elle est en leur faveur.
Le « mur » stéphanois est mal placé. L'arbitre le fait reculer. Dans l'instant où les Verts se déplacent, Beckenbauer donne un coup de patte au profit de Roth dont le tir fracassant part aussitôt pour les filets de Curkovic. L'injustice apparaît aussitôt, monstrueuse comme la pieuvre des profondeurs. C'est le football. C'est la Coupe d'Europe.
Franz Roth n'aurait pas dû jouer. Cet athlète que l'on surnomme « le taureau » s'est brûlé la peau des cuisses par la faute d'une pommade trop chauffante. Mais au dernier moment, il a surmonté sa douleur et apporté sur le terrain sa formidable ardeur de guerrier bavarois. Les finales européennes, il aime. Il en a déjà arraché deux lui-même au sort contraire : en 1967 (1-0 contre les Rangers) et en 1975 (2-0 contre Leeds). Il a gagné la troisième (1974 contre PAtletico). Il fabrique la quatrième. Seuls Beckenbauer, Maier, Muller et lui ont participé aux quatre victoires.
Quand Roth transforme le coup franc du Bayern, il reste trente-trois minutes à jouer. Une éternité. Saint-Etienne jette toutes ses forces physiques et morales. Le Bayern lui oppose le poids de son expérience et de son astuce.
Alors, en désespoir de cause, Herbin fait rentrer Rocheteau à la place de Sar-ramagna sept minutes avant la fin. Le président Rocher murmure : « Nous prenons un risque terrible. Dominique n'est pas guéri. ».
En sept minutes fulgurantes, Rocheteau donne à cette finale qui n'en avait pas besoin une dimension dramatique exceptionnelle. Il est là, éclatant de jeunesse, de culot, d'ambition et de flamme. Il s'enfonce dans la défense du Bayern comme un épieu brûlant ; il tombe ; il se relève. Et il offre à Patrick Revelli, dans la dernière minute, l'occasion d'une égalisation qui se refuse encore. La France entière, en sept minutes, fait de Rocheteau son idole et le symbole de l'injustice vivante.



« Les Verts ont perdu par 1 à 0 mais après avoir dominé, après avoir tiré deux fois sur la barre, après s'être battus tête haute et cœur en bandoulière. On ne peut rien leur reprocher ; ils ont perdu dans l'honneur et, à leur auréole de héros, s'ajoute désormais celle de victimes. Jamais ils ne furent aussi grands qu'aujourd'hui parce que jamais ils ne furent plus humains. Au contraire des dieux, les demi-dieux sont mortels. Et si on admire les dieux, on n'aime d'amour que les mortels... » (France-Soir).
Après avoir frôlé le bonheur et la gloire, les Stéphanois sont inconsolables. Le grand Piazza dit tristement :'« Que faut-il faire, dites-nous, pour battre ce Bayern ? »
L'accueil du public de France, sur les Champs-Elysées d'abord, au stade GeoffroyGuichard ensuite, et pour excessif qu'il fut, va mettre du baume sur la blessure des héros. Nos Verts recommenceront demain puisque, comme le dit leur chanson, ils sont évidemment les plus forts.





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