Monday, February 6, 2012

Focus On : Die Gerd Muller Story, "Ein Idol und Seine Tore"

Avec ses jambes courtes et trapues, son torse qui n'en finissait pas et son léger embonpoint, Gerd Muller ne payait vraiment pas de mine. À côté de son élégant coéquipier Franz Beckenbauer, il semblait tout droit sorti d'une équipe du dimanche. Et pourtant, «Der Bomber», le bombardier, était un buteur comme il en a très peu existé dans l'histoire du football. Véritable «renard des surfaces», capable de marquer dans toutes les positions, il était toujours décisif.   Bien sûr, ce n'était pas le spécialiste des grandes chevauchées balle au pied, mais dans-la surface de décision, il est sans aucun doute le meilleur finisseur de tous les temps. Gerd Muller a commencé sa carrière dès 1963, à l'âge de 18 ans, dans le club deTSV 1861 Noôrdlingen. Il se fait très vite repérer par un club qui joue alors en division régionale Sud, le Bayern Munich, qu'il rejoint en 1964. Avec Franz Beckenbauer et le gardien de but Sepp Maier, it va faire gravir tous les échelons à l'équipe bavaroise. À la fin de sa première saison, en 1965, il aura inscrit 33 buts en 26 matchs. Un buteur est né... Le 10 octobre 1966, il est sélectionné pour la première fois en équipe nationale de RFA et va très vite devenir un titulaire indiscutable de la Mannschaft. 

Lorsque le Bayern Munich accède en première division, il va exploser aux yeux de toute l'Europe, en remportant sept fois le titre de meilleur buteur de la Bundesliga. Pendant sa carrière en Allemagne, il marquera 365 buts en 427 matchs de championnat, un record qui n'est pas près d'être battu. En sélection, « Der Bomber» devient la terreur des surfaces de réparation. Lors de la Coupe du monde 1970, il va trouver le chemin des filets à dix reprises. Et même s'il échoue avec son équipe en demi-finale, cet exploit lui permet de recevoir le Ballon d'Or France Football à la fin de la saison. Gerd Muller est au sommet, mais le meilleur restée venir. En 1972, il remporte le championnat d'Europe des Nations et, en 1974, il réalise l'exploit de remporter la Coupe du monde à domicile en marquant le but de la victoire contre les Pays-Bas en finale. Il arrête alors, en pleine gloire, sa carrière internationale, à l'âge de 28 ans. Mais «Der Bomber» n'en a pas fini avec le football. 

Il se donne corps et âme à son club de Munich avec lequel il va remporter trois Coupes d'Europe des Clubs Champions en 1974,1975 et 1976. Il enchaîne les buts et les trophées, mais son physique commence à lui jouer des tours et il décide de tenter l'aventure américaine en signant dans l'équipe des Fort Lauderdale Strikers en 1979. Il jouera deux saisons aux États-Unis et finira sa carrière dans un relatif anonymat. L'après football est difficile pour «Der Bomber», qui sombre dans l'alcoolisme dans les années quatre-vingt. Heureusement, ses anciens coéquipiers ne l'oublient pas et l'aident à sortir de cette spirale infernale en lui demandant de rejoindre l'encadrement du Bayern. Aujourd'hui encore, il est l'un des dirigeants de ce club qui ne laisse jamais les siens sur le bord de la route. On ne pouvait pas abandonner l'homme qui faisait si bien parler la poudre...

 Beckenbauer et Muller sont les deux figures de proue, dans deux expressions et deux styles opposés, du Bayern et de l'équipe d'Allemagne. L'un rayonne et commande, l'autre bondit et transforme les intentions en réalités. Les deux hommes sont aussi très différents, dans leur comportement «civil» et leurs aspirations. Franz est élégant, courtois, ouvert. Gerd est pataud, rustre et bougon. Le premier connaît les vertus de la politesse et des relations publiques. Le second pense qu'il peut s'en passer. 

L'un et l'autre font pourtant chambre commune en déplacement et donnent l'impression d'être de bons amis. Mais cette amitié n'est qu'à fleur de peau. Gerd profite de Beckenbauer, celui-ci n'est pas dupe et Gerd le sait. En fait, les deux champions sont des professionnels qui savent que l'union fait la force. Ils ont également conscience et respect de la valeur de l'autre et savent se soutenir quand le besoin s'en fait sentir. Lorsque Miiller se retrouva isolé à la pointe de l'attaque allemande privée d'ailiers, Beckenbauer fit la grosse voix: «Gerd est le seul buteur capable de nous donner la Coupe du Monde. A condition qu'on lui donne des pourvoyeurs de ballons.»
Et lorsque Beckenbauer devint pratiquement sélectionneur en juin-juillet 1974, Gerd Muller déclara aux journalistes : « Il était temps. Avec sa personnalité, Franz est le seul homme capable de nous emmener jusqu'au bout.» 

 Ce ne sont pas seulement paroles de diplomates. Beckenbauer tient en haute estime le joueur Mûller et il est intervenu en plusieurs occasions auprès de lui depuis que Gerd a renoncé à jouer en équipe d'Allemagne: «A 29 ans, lui a-t-il dit, il est trop tôt pour renoncer à la sélection. Tu seras encore le meilleur à ton poste en 1978. » Cela dit, Gerd Mûller suit Beckenbauer comme son ombre. Son salaire et ses primes du Bayern sont en rapport avec ceux du Kaiser. Comme celui-ci bénéficiait du privilège de pouvoir éditer et faire vendre un programme à son nom pour chaque match à domicile du Bayern, Gerd a demandé et obtenu la même chose. Et comme Beckenbauer possède son imprésario personnel (M. Schwan), Mûller a décidé d'en faire autant. Gerd a fait sienne la forte maxime d'un politicien américain disant que «ce qui est bon pour la General Motors l'est également pour les Etats-Unis». Il l'a seulement transformée: «Ce qui est bon pour Beckenbauer l'est également pour Gerd Mûller.»






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