Monday, May 9, 2011

Friendly 1979 Italia Argentina

26 mai 1979
Olimpico Roma


 Lorsqu'au mois de juin de l'année dernière, à Buenos Aires, l'équipe d'Argentine avait gagné la Coupe du Monde contre la Hollande, il n'avait pas manqué d'esprits chagrins pour signaler que cette victoire était essentiellement due à la chance (reprise de Rensenbrink sur le poteau en fin de seconde mi-temps), au jeu viril des Argentins et, bien sûr, au soutien des 80 000 spectateurs du Stade Monumental. Répondons d'abord sur ces trois points. Les tirs sur la barre ou sur le poteau ne sont pas des buts et il ne sert à rien de refaire sans cesse l'histoire d'une rencontre avec des « si », surtout après un score victorieux par deux buts d'écart. Deuxièmement, le jeu viril des Argentins n'avait rien à envier au jeu viril des Hollandais et l'on ne peut que regretter la tension qui préside à presque toutes les rencontres de haut niveau. Enfin, l'aide psychologique certaine du public argentin, d'ailleurs très correct, ne peut pas être reprochée aux hommes de Menotti, pas plus que celle du public allemand pour les siens lors de la finale du W.M. 1974 à Munich.

Les six mois qui^uivirent ce Mundial furent principalement marqués par les transferts de certains champions du monde : Ardiles et Villa à Tottenham, Tarantini à Birmingham et Bertoni à Séville. On s'interrogea aussi quelque temps sur les intentions de l'entraîneur Menotti, annoncé dans plusieurs grands clubs européens mais qui. finalement, obtint les pleins pouvoirs de la Fédération de Football Argentine pour un nouveau mandat de quatre ans. Avec, d'abord, une première préoccupation : la qualification pour le Tournoi Mondial Juniors"" au Japon de l'équipe juniors argentine, emmenée par le jeune prodige Maradona et ses amis qui ont nom Barbas (Racing), Simon (Newell's Old Boys), Aves (Boca) ou Diaz (River Plate). Ce qui fut fait en février en compagnie des jeunes Uruguayens. Menotti allait pouvoir alors se consacrer à la grande tournée européenne de printemps : une série de matches amicaux contre la Hollande, l'Italie, l'Eire et l'Ecosse, ceci avant une ultime rencontre avec le Cosmos à New York. Un seul absent parmi les héros de juin : le stoppeur de Talleres Cor-doba : Luis Galvan. Plusieurs « nouveaux » : Outes, Trossero, Reinaldi, Barbas, Villaverde et, bien sûr, Maradona. Pour le deuxieme match contre l'Italie au Stade Olympique de Rome, il y avait de la revanche dans l'air : les Italiens ayant été la seule équipe à triompher des Argentins lors du Mundial. Le mercredi 25 mai restera gravé dans le souvenir des joueurs argentins car, en compagnie de l'équipe italienne, ils furent reçus par... le pape Jean-Paul II avant de se livrer à un galop d'entraînement sur la pelouse du Stade Olympique qui, le lendemain, était rempli par soixante mille spectateurs excités. L'entrée des joueurs était protégée par un gigantesque filet d'une dizaine de mètres de hauteur pour empêcher les « tifosi » de lancer des projectiles sur leurs visiteurs. 

 Mais si l'on en juge par la grande tache d'encre sur le maillot de Fillol lors de la photo de l'équipe, ce filet n'arrête pas les liquides. Les Italiens alignaient leur formation habituelle, sauf pour deux postes : celui de stoppeur (Collovati remplaçant Bellugi) et celui de relayeur (Oriali pour Benetti). Pour les Argentins, Barbas. Houseman et Valencia remplaçaient Ardiles. Bertoni et Ortiz. Les champions du monde eurent la chance de marquer d'entrée par Valencia, ce qui diminua l'impact du but fantastique réussi par Causio. Paolo Rossi, d'un coup de patte, fit croire aux spectateurs que l'Italie était bien encore une fois la plus forte. Pour une minute seulement, car l'arbitre portugais, M. Porem, siffla un penalty que transforma tout de suite Passarella. 2-2 : ce fut le score final, à la grande joie des Argentins qui. en 1954, 1961 et 1966, avaient toujours perdu en Italie. Les joueurs allaient pouvoir regagner en paix l'hôtel Cavalieri Hilton et Menotti prolonger fort tard sa nuit dans un club à la mode de la capitale italienne. César Menotti. entraîneur disco? Pourquoi pas. Après tout, il avait bien le droit de fêter le résultat de ce second match qui. malgré l'absence du stratège Ardiles. avait encore vu Maradona effectuer quelques prouesses techniques dont il a le secret et qui lui valurent des murmures d'approbation de la foule italienne.

Italia: Zoff, Gentile, Cabrini, Oriali, Collovati, Scirea, Causio, Tardelli, Rossi P., Antognoni, Bettega Allenatore: Bearzot Enzo
Argentina: Fillol, Olguin, Tarantini, Gallego, Villaverde, Passarella, Houseman, Barbas (Oviedo 68), Luque, Maradona, Valencia Allenatore: Menotti



















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