Thursday, November 25, 2010

Focus On : Tutto Platini

   Le 30 avril 1982 exactement, en fin d'après midi, la Juventus de Turin annonçait l'accord intervenu quelques heures plus tôt avec le joueur français évoluant jusqu'alors à Saint-Etienne, Michel Platini. Le contrat était signé. Quatre années se sont donc écoulées, durant lesquelles Platini s'est laissé conquérir par l'Italie. Au point de décider récemment de prolonger d'une saison encore sa liaison avec le prestigieux club de la « Vieille Dame ». L'arrivée à Turin fut pourtant bien difficile. Quelques semaines après ses débuts au stadio Comunale, une pubalgie l'oblige à stopper l'entraînement. « Le coup a été très dur, explique le capitaine de l'équipe de France. Et pourtant cette période demeure la plus belle des quatre ans qui sont passés. Les gens du club ont tout simplement été formidables. Leur confiance et leurs encouragements m'ont énormément apporté et c'est grâce aussi à ce climat rassurant que ma guérision a été somme toute rapide, à Quelques mois plus tard, Platini conduisait une superbe équipe de la Juve qui s'imposait en Coupe des Champions sur le terrain d'Aston Villa (1-2), alors tenant du trophée. « Un gros succès qui nous laissait beaucoup d'espoir pour la suite. Mais le soir de la finale à Athènes contre Hambourg, nous avons tout gâché. Avec les instants les plus angoissants de ma pubalgie, cette soirée d'Athènes fait partie des souvenirs les plus mauvais. »

 En quatre saisons de Calcio, Platini a orchestré le jeu de quatre équipes très différentes les unes des autres. La plus belle selon lui reste celle d'Athènes, avec Boniek, Bettega, TardelH et Rossi notamment. « Techniquement elle était fantastique, dit-il. Mais le football a parfois des côtés bizarres car c'est justement avec cette formation que nous avons le moins gagné. Juste la Coupe d'Italie. » Malgré une victoire en Coupe des Coupes l'année suivante, Platini retient dans sa mémoire l'an 84 surtout pour la victoire avec la France dans le championnat d'Europe des Nations. Ses partenaires turinois acclamèrent à son retour de vacances le numéro 10 français tout en lui fixant rendez-vous au Mexique en 1986. « L'ambiance est toujours très sympa. Des joueurs tels que Scirea, Cabrini ou Boniek ont de grandes qualités humaines et nous nous comprenons très bien. J'avoue pour ma part que j'étais très fier de rentrer ce jour-là dans le vestiaire du stade d'entraînement avec un titre de champion d'Europe tout neuf. » Dans le même temps, il s'attaquait à une saison qui allait être marquée par la tragédie du stade du Heysel. « Ce jour là, j'ai pensé que le football était mort », dira-t-il. 

 La Juve remporta la Coupe des Champions mais ce furent bien des hommes abattus par le drame qui s'était déroulé la veille qui débarquèrent à l'aéroport de Caselle, près de Turin. La Coupe trainait dans un coin. Comme un objet maudit. « Ce n'est qu'à Tokyo, pour la finale de la Super-Coupe, que je me suis réconcilié avec le foot. » Déjà, Tardelli, Boniek, Rossi avaient quitté Turin, et la Juve « nouvelle vague » commençait à donner de bons résultats. « Nous sommes partis dans l'inconnu puisque les joueurs qui composaient l'attaque Serena, Laudrup et Mauro, n'avaient jamais joué ensemble. Mais nous avons effectué un début de championnat étonnant : huit matches, huit victoires. » Plus mûr, plus responsable aussi de la bonne marche de l'équipe, Platini, dont les rapports avec Giovanni Trapattoni, sont toujours restés bons, malgré parfois quelques divergences d'ordre tactique, a véritablement marqué de son empreinte les quatre dernières saisons de la Juve. Trois titres de meilleur buteur sont venus récompenser sur un plan personnel ses qualités. La cinquième année, sans Trapattoni cette fois, le porte de nouveau vers l'inconnu. L'ambiance est bonne et nous verrons bien » conclut-il.



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