Thursday, August 4, 2011

Focus On : Giuseppe "Beppe" Signori "Soccer Superstars "

 Tête de gondole du coup de filet des forces de l'ordre, Signori a été arrêté au mois de Juin par la police italienne qui a procédé à quinze autres interpellations dans le cadre d'une vaste enquête sur des matches de football présumés truqués, a annoncé l'agende de presse Ansa. Parmi les personnes arrêtées figurent des anciens joueurs de Serie A  , des joueurs en activité de Série B et C ainsi que des dirigeants de clubs de divisions inférieures. L'enquête est dirigée par la police de Crémone en collaboration avec des unités de Rome, Naples et Turin, notamment. Les magistrats ont émis sept mandats d'arrêt tandis que les neuf autres suspects ont été assignés à résidence. C'est le cas de Signori. 

 Refusé par l'Inter, il s'est retrouvé, à quinze ans dans un petit club Amateur, apprenti-électricien à mi-temps. Mais son talent et sa détermination lui ont permis de se construire une carrière qui fut exemplaire jusqu'au scandale de cette fin de saison 2010 2011. C'est Noël. Maurizio Radici, le président de Leffe, un petit club Amateur de la périphérie de Bergame, pose l'énorme sapin dans son salon et décroche le téléphone. Pour installer les guirlandes lumineuses, il fait appel à son milieu offensif, auquel il a procuré un job d'aide-électricien à mi-temps dans son usine. Mauvais plan. «Après mon passage, le sapin ne ressemblait plus à rien, je ie lui avais massacré!» Les guirlandes ont grillé et Giuseppe («Beppe») Signori, honteux et confus, jura qu'on ne l'y prendrait plus: "Déjà, avant l'histoire du sapin, j'avais tenté de réparer la télé de mon père. Une fois remontée, je me suis aperçu qu'il manquait trois pièces! Décidément, ce boulot, c'était pas mon truc. En plus, je devais me lever tous les matins à six heures, manger vite fait rna gamelle et foncer à l'entraînement, où j'arrivais déjà cuit, J'ai dit à mon père: je n'en peux plus, s'il te plaît, laisse-moi essayer de nie consacrer uniquement au football», Quelques mois plus tôt, le jeune Beppe, 15 ans, jugé «trop gracile», a été refusé à l'inter. Mais il ne démord pas: «Je savais que je pouvais réussir et qu'un jour, j'arriverais au sommet». En attendant, il s'apprête à écumer les terrains rabotés de Lombardie, pour sa première saison sous les couleurs de Leffe. 

Signori est déjà Signori: le joueur, petit gabarit au pied gauche de velours, a un dribble diabolique et un sacré sens du but et l'homme, joyeux drille, est un type à part, II se présente au stage de préparation rouge comme une écrevisse et bouffi de la tête aux pieds: «J'étais en vacances à la mer et je m'étais trompé d'huile solaire. L'enfer! Je n'ai pas pu enfiler mes chaussures de foot pendant une semaine!». Il se rattrape très vite: véritable moteur de l'équipe, spécialiste des coups de pied arrêtés, il la propulse aux premières loges et conquiert la montée en D4. C'est dans cette catégorie, plus en vue, que ses performances commencent à attirer les convoitises. Piacenza, alors en D3, l'embauche à l'été 1986, le façonne, le prête une saison à Trente (D3), le récupère pour une année de D2, mais ne peut l'empêcher de partir pour un autre club de Série B, Foggia, où fait déjà parler de lui un entraîneur aux méthodes reconnues: Zdenek Zeman. «Ce transfert et cette rencontre ont dans ma carrière, dit aujourd'hui Beppe. Je dois beaucoup à Zernan. C'est lui qui m'a fait monter en attaque et qui m'a placé dans les meilleures conditions pour exprimer idéalement mes qualités.» Deux saisons, 25 buts et une montée plus tard, Giuseppe Signori réalise son rêve d'enfant: il va jouer en Première Division. Pour ses débuts parmi l'élite (il a 23 ans), le sort lui offre, comme adversaire, l'équipe qui, quelques années plus tôt, l'avait dédaigneusement snobé. Le 1e septembre 1991, à San Siro contre l'inter, Beppe pose la première pierre d'un édifice qui va se consolider au fil des rencontres. A tel point qu'au terme de cet exercice particulièrement réussi (11 buts en 32 matches), le sélectionneur Arrigo Sacchi le convoque pour une tournée de la Squadra Azzurra aux Etats-Unis. En coulisses, les plus grands clubs s'agitent et font une cour pressante au néo-international. L'Inter propose un pont d'or, Parme s'aligne, mais c'est la Lazio qui obtient les faveurs du prodige. A Rome, Beppe devient très vite le symbole d'un club en pleine croissance et l'idole des tifosi. Trois fois «Meilleur buteur du Championnat» (pour un total de 107 réalisations en 152 rencontres!), gouailleur et médiatique, il s'affirme comme un personnage incontournable du football italien et une véritable mine pour la presse. On décortique sa façon particulière de botter les penalties, sans élan («Ça laisse moins de temps au gardien pour anticiper»), on met à jour ses multiples actions humanitaires, sa passion pour le jeu (et ses fréquentes visites au casino), les fringues (sa collection de costards est impressionnante)  .

La Lazio aime Signori. Signori aime la Lazio, mais l'idylle tourne court. Victime d'une rude concurence, mis à l'écart par l'entraîneur Sven Goran Eriksson (Il ne m'adressa meme plus la parole); Beppe doit bientot se résoudre a partir, la mort dans l'âme. En novembre 1997, le mercato d'hiver l'expédie (en prêt) à la Sampdoria pour un désastre annoncé: «Je suis arrivé en cours de saison et je n'ai jamais réussi à m'adapter. Sans doute aussi parce qu'au fond, je n'en avais pas envie; j'avais toujours la tête et le cœur à Rome. En plus, comble de malheur, j'ai dû me faire opérer d'une hernie discale. J'étais vraiment au fond du trou». Déprimé, privé de terrain (17 matches moyens, 3 buts et puis plus rien), Beppe Signori broie du noir. Il devient boulimique, prend huit kilos et s'offre, dit-on, quelques virées nocturnes bien arrosées pour tenter de masquer sa tristesse,., C'est alors que Bologne intervient. Spécialisé dans la «remise en forme des champions sinistrés» (dernier exemple en date; Roberto Baggio), le club relève le défi Signori. Pari gagné. Régénéré, encadré par un staff efficace et bercé par la douceur d'un climat familial, Beppe retrouve son football, la confiance et le chemin des filets (douze buts en Championnat, un en Coupe d'Italie, un en Intertoto et trois en UEFA). Il finira sa carriere en Grece et en Hongrie. 

Signori, aujourd'hui âgé de 43 ans, a été trois fois meilleur buteur du Championnat d'Italie dans les années 1990 quand il évoluait à la Lazio Rome, club avec lequel il a gagné une fois la Coupe d'Italie. Il a aussi joué à Foggia sous la direction de Zdenek Zeman. Avec 188 buts, il est le huitième meilleur buteur de première division. Son implication dans le scandale des matchs truqués est un nouveau coup dur pour le football Italien.
 Comme il disait au debut du nouveau sciecle, "Dans ma carrière, j'ai beaucoup marqué mais je n'ai jamais rien gagné"...














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